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Traité de la Confiance en la Miséricorde de Dieu
DEUXIÈME PARTIE
Paragraphe V
Troisièmement, Jésus-Christ est à la fois notre juge et notre ami.
Notre juge est plein de bonté, et il est aussi compatissant qu'il est bon. J'ajoute en troisième lieu, qu'il est même le meilleur, le plus tendre de nos amis ; car c'est là le titre qu'il veut bien nous donner, et la qualité qu'il a voulu prendre lui-même à notre égard. Vous êtes mes amis, disait-il à ses apôtres ; et encore : je ne vous appellerai plus des serviteurs, mais des amis. Jésus prend donc, à notre égard, la qualité d'ami : nouveau sujet d'espérer de lui un jugement favorable. Car enfin, sur quel ami pouvez-vous compter ? Vous trouverez qu'il y a encore plus à compter sur l'amitié de Jésus-Christ. Votre ami vous aime tendrement, il vous l'a dit mille fois ; il est prêt de vous servir en toute occasion, et il vous a déjà donné des preuves. Cet amour est grand, mais quelque grand qu'il soit, est-il comparable à celui de Jésus-Christ ? Cet ami, après tout, n'a point de cœur à vous donner, et ce cœur est petit, il est borné ; c'est le cœur d'un homme. Celui de Jésus est grand, il est immense, il est infini, c'est le cœur d'un Dieu. L'amitié de votre ami est faible. Hélas ! Combien d'occasions où il ne peut vous secourir que par ses larmes. Celle de Jésus-Christ est forte et puissante : la nature, l'enfer et la mort sont soumis à ses volontés. L'amour de votre ami est nouveau, il n'y a que quelques années qu'il a commencé de vous connaître. Celui de Jésus est bien plus ancien, il est éternel. Avant tous les temps, il a eu pour vous des pensées de miséricorde et de salut. Il y a plus de dix-sept siècles qu'il vous a préparé, par l'effusion même de son sang, de quoi vous enrichir à jamais. L'amitié dans votre ami est peut-être intéressée : c'est l'espérance de votre protection ou de vos secours, ou tout au moins, c'est le plaisir qu'il trouve lui-même dans l'agrément de votre société qui l'attache à vous. Celle de Jésus n'a d'autre intérêt que le vôtre. Il est riche, il est heureux, il est glorieux, il est Dieu sans vous ; et il ne vous aime que pour votre bien, et pour vous rendre infiniment heureux. L'amitié de votre ami est fragile : une offense, une jalousie, une réponse trop vive, moins que cela encore, un oubli, une froideur, un défaut d'égard ou d'attention, refroidit quelquefois les plus tendres liaisons. Celle de Jésus est constante et durable. Mille et mille offenses ne l'ont pas encore rebuté ; et quoique vous méprisiez sa voix depuis longtemps ; actuellement encore, et pendant que vous lisez ceci, il vous parle, il vous presse, il vous dit tendrement, mon fils donnez-moi votre cœur, de même que je vous ai donné le mien.
Disons plus. Votre ami, votre frère, votre époux, et celui qui vous aime le plus tendrement sur la terre, a-t-il jamais donné sa vie pour vous ? Jésus l'a fait. Vous a-t-il jamais racheté de la mort ? Jésus l'a fait. Vous a-t-il jamais pardonné des trahisons et des ingratitudes ? Jésus l'a fait. Vous a-t-il jamais tiré de la pauvreté pour vous enrichir ? Jésus l'a fait. Vous a-t-il nourri de son corps et de son sang ? Jésus l'a fait. Vous fera-t-il jamais monter sur le trône ? Jésus le fera. Vous rendra-t-il éternellement heureux ? Jésus n'épargne rien pour vous procurer ce bonheur. Jugez après cela si son amitié est préférable. Auquel de ces deux amis donneriez-vous maintenant votre confiance ? Sera-ce à cet homme ou à Jésus ? Laquelle de ces deux amitiés sera plus capable de vous rassurer ? Y a-t-il donc quelqu'un qui ne sente toute la préférence qu'il doit donner à Jésus-Christ, et n'aurions-nous pas honte, après cela, de trop craindre son jugement, de préférer le jugement d'un homme terrestre, dont l'amitié est méprisable en comparaison de celle de Jésus-Christ ? Oui, c'est lui, puisqu'il me permet de le nommer ainsi qui est véritablement mon ami et l'ami de mon cœur. Que dis-je ? Non seulement mon ami, mais qui est aussi mon frère, mon époux, mon libérateur et mon père. Réunissant en lui toutes ces qualités, il réunit tous les sentiments de tendresse que ces qualités doivent inspirer. Et multipliant les titres de son affection, il multiplie aussi, pour ainsi dire, les droits que j'espère avoir sur sa miséricorde.
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