Foi et Contemplation

La Miséricorde Divine

La Miséricorde Divine

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Traité de la Confiance en la Miséricorde de Dieu

DEUXIÈME PARTIE

Paragraphe III

Continuation du même sujet. Jésus-Christ est le plus favorable de tous les juges : premièrement parce qu'il est plein de bonté.

Dans l'obligation où nous sommes de subir un jugement, pourrions-nous trouver au monde un juge, sur qui on pût fonder plus d'espérance, que sur le fils de Dieu ? Pour moi, je n'en vois point ni dans le Ciel, ni sur la terre qui pût être plus disposé à nous favoriser. En vérité, si Dieu m'avait donné la liberté de me choisir un juge qui décidât de mon éternité, ce ne serait ni mon père, ni mon frère, ni mon ami ; ce serait Jésus-Christ même que je voudrais prier de se charger de mon jugement. Car, quelles favorables dispositions pourrais-je trouver dans un autre, que je ne trouve mille fois davantage dans mon Sauveur ?

Je désirerais d'abord dans mon juge, qu'il fût plein d'une bonté sans pareille ; qu'il connût en second lieu, et cela parfaitement, tout ce qui pourrait me servir d'excuse ; qu'il le connût, si cela se pouvait, par lui-même, et par sa propre expérience : Je voudrais encore qu'il m'aimât véritablement ; qu'il fût même mon ami, mon intime ami, mon ami particulier : Je désirerais que cet ami, outre les douceurs de l'amitié, eût un intérêt personnel de me juger favorablement, et de me sauver. Voilà le juge que je désirerais, et que tout autre désirerait sans doute comme moi. Qu'on cherche dans les hommes toutes ces qualités, on ne les trouvera toutes qu'en Jésus-Christ seul. Je les vois en lui en un degré qui surpasse mille fois tout ce qu'on pourrait attendre des hommes.

Pour la bonté, peut-on rien trouver de comparable à la sienne ? Rappelez ce que nous avons dit de cette bonté incompréhensible. Qui est-ce, sur la terre, qui en aura autant que celui, dont la bonté est aussi infinie que sa puissance, que son éternité et que toutes ses autres perfections ? Rappelez encore ce que nous avons dit de sa tendresse pour nous. Il s'afflige, il frémit, il pleure sur nous. Il est plus touché de nos misères, que nous ne le sommes nous-mêmes. S'il en faut apporter quelque preuve nouvelle, il n'y a qu'à considérer les différents états sous lesquels il se présente à nous dans l'Ecriture, pour nous montrer son amour, et pour gagner le nôtre. Il s'est fait enfant, pour nous donner auprès de lui un accès facile. Il s'est fait homme, pour partager avec nous nos misères. Il s'est fait esclave, pour nous mettre en liberté ; pauvre, pour nous enrichir ; victime, pour nous purifier. Il prend la qualité de père, afin que nous soyons ses enfants ; celle de maître, pour nous faire entendre sa voix ; celle d'époux, pour exciter notre tendresse ; celle de médiateur et de caution, pour nous délivrer ; et celle de roi, pour nous soumettre. Il est la voie qui nous conduit par des lieux assurés, la vérité qui nous instruit par des maximes solides, et la vie qui nous anime, pour nous rendre heureux et immortels. Si nous sommes pécheurs, il est notre justice. Si nous sommes dans les ténèbres, il est notre lumière. Si nous sommes affligés, il est notre patience. Si nous sommes faibles, il est notre force. Si nous craignons la mort, il est la résurrection ; et si nous voulons être heureux, il est lui-même notre félicité.

Faut-il encore d'autres preuves de cette bonté ? Voyez ses empressements, pour nous ramener de nos égarements. Figurez-le-vous tel que l'Ecriture le dépeint ; tantôt debout à la porte de notre cœur pour étudier le moment de s'en faire ouvrir l'entrée ; tantôt fatigué des longs délais de notre ingratitude, et s'asseyant avec tristesse pour nous attendre ; tantôt élevant sa voix plaintive et gémissante, pour fléchir notre dureté. Figurez-vous ce pasteur charitable, qui s'épuise à chercher sa brebis égarée. Hélas ! Selon la justice, ce serait à la brebis à le venir chercher elle-même. Mais la bonté du Pasteur ne lui permet pas d'attendre sa brebis ; il la poursuit, il la cherche, et quand il l'a trouvée, au lieu de s'irriter contre elle, et de la frapper, il la flatte, il la charge sur ses épaules, non pas pour l'empêcher de fuir, mais pour la soulager. Il sait qu'elle s'est fatiguée dans son égarement, il craint qu'elle ne se fatigue dans le retour ; et il oublie qu'il s'est fatigué lui-même à la chercher. Voilà l'image, et une faible image des bontés de Jésus pour nous. Peut-on douter qu'il ne soit bon, qu'il ne soit très bon, qu'il ne soit infiniment bon ; qu'il ne le soit même jusqu'à l'excès, s'il pouvait y en avoir dans sa bonté ? Trouvera-t-on sur la terre un juge qui en ait autant ?

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