
Le Saint-Esprit dans la Vie Chrétienne
Préface
Les études que nous publions ont servi de thème à une retraite prêchée en 1923 aux Petites Sœurs dominicaines gardes-malades des pauvres de la maison de Beaune.
Ce n'était pas la première fois que le P. Gardeil entreprenait ainsi, dans le cadre d'exercices spirituels réguliers, l'exposé d'ensemble de la doctrine des Dons et des Fruits du Saint-Esprit. Déjà, pour ne parler Que de son ministère dans cette congrégation, en 1917 à Orléans et en 1923 à Verviers, il avait prêché en des circonstances analogues sur ce sujet, et il y a tout lieu de croire Qu'il fit bénéficier d'autres communautés d'une doctrine spirituelle dont il avait de longue date acquis la maîtrise.
Cet enseignement convient tout d'abord aux âmes consacrées à Dieu, dans l'état religieux; il n'en sera pas moins profitable à tous ceux, prêtres et mêmes laïcs, Qui aspirent à une vie spirituelle élevée. « L'esprit souffle où il veut. » La rosée bienfaisante de ses dons et de ses fruits n'est le privilège, d'aucun genre de vie : elle peut descendre en toute âme sanctifiée par la grâce. C'est donc au sens le plus vrai du mot une retraite sur la vie chrétienne que l'on trouvera dans ces pages.
Nous croyons utile ici d'attirer l'attention sur un point: nous n'avons pas là une retraite fondamentale ou plus exactement la retraite fondamentale sur la Vie chrétienne. L'activité propre aux dons ne se déploie, du moins selon la nature des choses, que sur la base des vertus théologales, par où l'âme prend contact avec le divin, et sur le fondement des vertus morales, par quoi notre vie est rectifiée à l'endroit de Dieu. A ces bases de la vie chrétienne le P. Gardeil consacrait une autre série de conférences dont ici il présuppose les résultats acquis.
L'on en trouvera toutefois dans cette série d'études, particulièrement dans la première, un rappel suffisant pour qu'on puisse, sans autres explications et sans crainte de s'égarer, se situer au point de vue propre de ces réflexions.
Le texte de cette retraite n'est pas de la main du P. Gardeil, qui, selon sa manière habituelle, avait parlé ex abundantia cordis ; il a été recueilli par une de ses auditrices, mais lui-même en avait soigneusement revu la reportation qu'il avait adoptée pour son utilité personnelle: c'est donc une œuvre authentiquée par son maître, dont elle porté d'ailleurs, de manière indéniable, l'empreinte originale. Avec la rigueur théologique de l'exposé, la religieuse qui a pieusement transcrit ces instructions a eu le bonheur de garder quelque chose de cette flamme intérieure, contenue, mais si ardente, qui faisait de la parole du P. Gardeil, en même temps qu'une œuvre de vérité, l'œuvre d'un cœur d'apôtre. Puissent donc ces pages prolonger et étendre, si Dieu le veut, l'action surnaturelle de celui qui certes fut et demeura toujours un théologien, c'est-à-dire l'homme de, la science divine, mais qui avait compris et senti que cette science est en même temps sagesse, science savoureuse, sapida scientia !
Le Saulchoir. Fr. H.-D. Gardeil o.p.