Foi et Contemplation

L'Espérance

L'Espérance

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3. Marcher

L'expérience des difficultés de la vie (désespoir et présomption) et le risque de ne pas atteindre le tertre désiré (le péché mortel et la Bonne Mort).

L'espérance naît de la conscience des difficultés de la vie et du risque inhérent à l'exercice de notre liberté, ainsi la croissance de l'espérance dépend de la manière dont nous réussissons à dépasser les obstacles grâce à une plus grande constance et à la confiance en l'aide de Dieu.

Le désespoir.

CEC, n° 2091 J'ai du prix aux yeux du Seigneur et je sais donc qu'il est capable de me sauver tout entier pour me prendre auprès de Lui. Il y a dans l'espérance théologale une parole de grandeur au sujet de l'homme, de tout homme. La foi, là encore, nourrit l'espérance : je crois que ce qui m'est promis est vraiment mon bonheur (« Que celui qui veut être mon disciple prenne sa croix et me suivre » : l'espérance que cette croix est en fait la porte de la vie), je crois que le bras du Seigneur n'est pas trop court, je crois que j'ai été voulu par amour, que l'amour m'accompagne et qu'il m'attend, je crois que je suis une « merveille », un don que Dieu se fait et qu'il fait à l'humanité ; je crois que j'ai du prix au yeux de Dieu ; je croix que je vaux plus qu'un moineau ; je crois que par grâce je peux être saint.

Les difficultés de la vie, les échecs, l'expérience de notre pauvreté, l'étrangeté de l'action divine peuvent expliquer le découragement et le désespoir. Encore faut-il distinguer le désespoir psychologique, le désespoir de la nuit spirituelle, du désespoir peccamineux qui se traduit par l'abandon total de la prière, le relâchement dans le combat, et surtout par le cynisme et le pessimisme dans des stratégies et calculs humains qui ont pour note l'abandon de la pureté d'intention, la recherche de ses intérêts propres, le mépris des faibles. Toute autre est le désespoir psychologique qui peut d'ailleurs cœxister avec l'espérance.

Si l'espérance est en quelque sorte une domination du temps puisqu'elle concrétise la foi en Dieu maître de l'histoire, le désespoir en revanche est un esclavage du temps. C'est pourquoi il y a un désespoir doux qui consiste à vivre le moment présent comme s'il était clos sur lui même, sans passé ni avenir, excluant toute possibilité de changement cohérent et profond, comme un temps cyclique.

La présomption.

CEC, n° 2091 Du côté de Dieu notre espérance est absolument certaine. Toutefois, de notre côté, nous pouvons craindre. Le désespoir est un manque d'espérance en Dieu. La présomption est un excès de confiance en nous.

L'excès de confiance en nous-mêmes : présumer de ses capacités, ou bien présumer de la Toute-puissance de Dieu, soit à cause d'une confiance excessive dans les moyens naturels et les seuls forces humaines soit à cause d'un mauvaise compréhension de la miséricorde de Dieu ou de sa sollicitude qui porte à l'imprévoyance et à la paresse spirituelle qui nous conduit à un christianisme sans peine, à vouloir les biens du royaume sans en assumer les exigences.

Il faudra ici toujours se rappeler que la vie spirituelle a ses étapes. Que si la liberté dans l'Esprit, l'abandon à Dieu et à sa providence sont des traits essentiels de l'Evangile, ils en sont en fait le terme : « aime et fait ce que tu veux », voilà le chemin de Liberté. Mais il ne faudra jamais oublier que la liberté dans l'Esprit est inopérante et détournée dans un être qui n'a pas atteint une certaine maîtrise de ses passions et de ses pulsions, qui n'a pas atteint ce moment où la raison se soumet à la foi et en devient la servante. Bref il ne faut pas rêver à une mystique qui se priverait d'ascèse, et qui ferait trop vite l'impasse sur le travail des vertus morales, sur les moyens que l'Eglise ne cesse de recommander au titre de la coopération que l'homme doit apporter à son salut et au salut des frères. Surtout, à aucun moment de la vie spirituel ne cesse d'être nécessaires ces moyens de grâce que sont les sacrements et la prière par lesquels l'Eglise nous enfante à la Vie éternelle, nous fortifie, nous nourrit.

Les faux secours :

La tentation de Dieu, le mépris du « propre conseil » (importance du discernement et de la réflexion), la divination, la magie (CEC, n° 2115-2117). Enfin, forme de désespoir en même temps que de présomption, le manque d'espérance peut se manifester dans la recherche de moyens détournés, comme les gnoses, prétendant mieux répondre à nos attentes intellectuelles rationnelles, ou à l'avidité de notre sensibilité, comme si les moyens de l'Eglise se révélaient trop courts.

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