
Prier avec Saint François d'Assise
La Louange
Tu es Saint, Seigneur Dieu,
Toi seul qui fais des merveilles
Tu es fort.
Tu es grand.
Tu es très haut.
Tu es roi tout-puissant, ô Père saint,
roi du ciel et de la terre.
Tu es trine et un, Seigneur Dieu.
Tu es le bien, tout le bien, le souverain bien,
le Seigneur Dieu vivant et vrai.
Tu es charité, amour.
Tu es sagesse.
Tu es humilité.
tu es patience.
Tu es assurance.
Tu es quiétude.
Tu es joie et liesse.
Tu es justice et tempérance.
Tu es toute richesse et notre suffisance.
Tu es beauté.
Tu es calme.
Tu es notre protecteur.
Tu es gardien et défenseur.
Tu es force.
Tu es rafraîchissement.
Tu es notre espérance.
Tu es notre foi.
Tu es notre grande douceur.
Tu es notre vie éternelle,
Grand et admirable, Seigneur,
Dieu tout-puissant, miséricordieux Sauveur.
Pater paraphrasé

Des prières paraphrasées, où chaque groupe de mots reçoit son commentaire, le moyen âge en a connu par centaines. On les appelait alors des prières tropées, ou farcies. Saint François n'a pas hésité, pour mieux prier, à utiliser ce procédé, cette tradition. Il a adopté, et plus ou moins transformé pour lui même une de ces paraphrases en usage, canevas de prière ou de prédication.
Le Notre Père était la prière de base de l'Office des frères non prêtres. C'était aussi la formule préférée des premiers frères, aux temps où ils ne disposaient pas encore de bréviaires. Nous avons donc ici, dans ce commentaire du Pater et dans les louanges qui le suivent, un témoignage précieux sur la prière de la première génération franciscaine.
NOTRE PERE TRES SAINT,
notre Créateur, notre Rédempteur, notre Sauveur et notre Consolateur.
QUI ES AUX CIEUX,
dans les anges et dans les saints, les illuminant pour qu'ils te connaissent,
car tu es, Seigneur, la lumière ; les enflammant pour qu'ils t'aiment,
car tu es, Seigneur, l'amour ; habitant en eux et les emplissant de ta divinité, pour qu'ils aient le bonheur,
car tu es, Seigneur, le bien souverain, le bien éternel, de qui vient tout bien, sans qui n'est aucun bien.
QUE TON NOM SOIT SANCTIFIE,
que devienne toujours plus lumineuse en nous la connaissance que nous avons de toi, afin que nous puissions mesurer la largeur de tes bienfaits, la longueur de tes promesses, la hauteur de ta majesté, la profondeur de tes jugements.
4 QUE TON REGNE VIENNE :
dès maintenant règne en nous par la grâce, et plus tard introduis nous un jour en ton royaume où sans ombre enfin nous te verrons, où deviendra parfait notre amour pour toi, bienheureuse notre union avec toi, éternelle notre jouissance de toi.
QUE TA VOLONTE SOIT FAITE SUR LA TERRE COMME AU CIEL :
Que nous t'aimions : de tout notre cœur en pensant toujours à toi ; de toute notre âme en te désirant toujours ; de tout notre esprit en dirigeant vers toi tous nos élans et ne poursuivant toujours que ta seule gloire ; de toutes nos forces en dépensant toutes nos énergies et tous les sens de notre âme et de notre corps au service de ton amour et de rien d'autre.
Que nous aimions nos proches comme nous mêmes : en les attirant tous à ton amour selon notre pouvoir en partageant leur bonheur comme s'il était le nôtre, en les aidant à supporter leurs malheurs, en ne leur faisant nulle offense.
DONNE NOUS AUJOURD'HUI NOTRE PAIN DE CE JOUR :
ton Fils bien aimé, notre Seigneur Jésus Christ, pour que nous puissions nous rappeler, mieux comprendre et vénérer l'amour qu'il a eu pour nous, et tout ce que pour nous il a dit, fait et souffert.
PARDONNE NOUS NOS OFFENSES.
par ta miséricorde ineffable par la vertu de la Passion de ton Fils bien aimé, par les mérites et par l'intercession de la Vierge Marie et de tous tes élus.
COMME NOUS PARDONNONS AUSSI A CEUX QUI NOUS ONT OFFENSES.
Et ce que nous ne pardonnons pas pleinement, toi, Seigneur, fais que nous le pardonnions pleinement : que nous aimions vraiment nos ennemis à cause de toi, que nous arrivions à te prier sincèrement pour eux ; qu'à personne nous ne rendions le mal pour le mal, mais que nous tâchions de faire du bien à tous, en toi !
ET NE NOUS SOUMETS PAS A LA TENTATION
qu'elle soit manifeste ou sournoise soudaine, ou lancinante et prolongée.
MAIS DELIVRE NOUS DU MAL
passé, présent et futur. (Amen).
Louanges pour toutes les heures

Le manuscrit d'Assise introduit comme suit cette prière :
Ici commencent les louanges composées par notre bienheureux Père François. Il les récitait à toutes les Heures du jour et de la nuit, avant l'Office de la sainte Vierge. Il disait d'abord : Notre Père très saint qui es aux cieux
Puis : Gloire au Père et enfin les Laudes : Saint, Saint...
La coutume de joindre au Pater une série de versets suivis d'une oraison était très répandue. Elle remonte à l'époque carolingienne. On en trouve de copieux exemples chez le Pseudo Alouin (PL 101, 469 491). Cette coutume s'est longtemps perpétuée au bréviaire dans ce qu'on appelait les prières fériées, suites de doxologies et de versets après le Pater et avant l'oraison.
Saint, trois fois saint, le Seigneur Dieu celui qui est, qui était et qui reviendra.
- Louange et gloire à jamais !
Tu es digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir honneur, louange et gloire, et d'être proclamé béni.
- Louange et gloire à jamais !
Digne est l'Agneau qui a été immolé, d'être appelé Dieu fort, sage et puissant de recevoir honneur et gloire, et d'être proclamé béni.
- Louange et gloire à jamais !
Bénissons le Père et le Fils, avec le Saint Esprit.
- Louange et gloire à jamais !
Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur.
- Louange et gloire à jamais !
Chantez les louanges de notre Dieu, vous tous ses serviteurs, et vous qui craignez Dieu, petits et grands.
- Louange et gloire à jamais !
Loué soit le Dieu de gloire par le ciel et par la terre.
- Louange et gloire à jamais !
Par toute créature au ciel, sur terre, sous terre, et par la mer et tout ce qu'elle renferme.
- Louange et gloire à jamais !
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.
- Louange et gloire à jamais !
Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.
- Louange et gloire à jamais !
Comme il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Amen.
- Louange et gloire à jamais !
Prions.
Tout puissant, très saint, très haut et souverain Dieu, souverain bien, bien universel, bien total, toi qui seul es bon, puissions nous te rendre toute louange, toute gloire, toute grâce, tout honneur et toute bénédiction ; puissions nous toujours rapporter à toi seul tous les biens ! - Amen.
Exhortation à la louange de Dieu

Cette pièce ne figurait pas dans nos précédentes éditions.
Le père Esser en a publié le texte latin avec l'introduction que voici : " Mariano de Florence, mort en 1523, et le copiste anonyme d'un manuscrit de Naples, du XVe siècle, affirment tous les deux que le texte de ces Louanges était, de leur temps, conservé au couvent franciscain dit " Les Ermites " (Cesi de Terni) et que ce texte était un autographe de saint François. La transcription qu'ils en donnent, chacun de son côté, est a peu près concordante. On peut donc à juste titre ranger ce texte parmi les Ecrits authentiques de saint François. Les malheurs du temps ont, hélas ! provoqué la disparition de l'autographe ainsi que celle du couvent très ancien où il était conservé ".
Il est impossible de préciser la date de composition de ces louanges. On y retrouve le même style de prière que dans les Louanges pour toutes les Heures, avec des emprunts au psautier (romain) ou au missel (Messe de la Trinité, Messe de saint Michel). Wadding, dans ses Annales (1625) nous apprend que ces versets, écrits par saint François, figuraient sur un tableau ou un devant d'autel où il avait fait peindre " diverses créatures " : anges, enfants, oiseaux, arbres, etc. Voici ce texte, d'après Wadding (moins trois versets adventices ajoutés par le manuscrit de Naples).
Craignez le Seigneur et rendez lui hommage.
Digne est le Seigneur de recevoir honneur et louange.
Vous tous qui craignez le Seigneur, louez le.
Salut, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.
Louez le, ciel et toute la terre.
Tous les fleuves, louez le Seigneur.
Fils de Dieu, bénissez le Seigneur.
Voici le jour que le Seigneur a fait,
Jour d'allégresse et jour de joie,
Alléluia, alléluia, alléluia, roi d'Israël.
Que tout esprit loue le Seigneur !
Louez le Seigneur, car il est bon ;
Vous tous qui lisez ceci, bénissez le Seigneur.
Toutes les créatures, louez le Seigneur.
Tous les oiseaux du ciel, louez le Seigneur.
Tous les enfants, louez le Seigneur.
Jeunes gens et jeunes filles, louez le Seigneur.
Digne est l'Agneau immolé
De recevoir honneur et gloire.
Bénie soit la sainte Trinité et l'indivise Unité.
Saint Michel archange, défends nous dans le combat.
Salutation des vertus

Thomas de Celano atteste l'authenticité de cet écrit, dont il transcrit même intégralement la phrase initiale (2 C 189). Il est à déplorer que la mélodie en soit perdue (2 C 198).
Peut être avons nous ici une sorte de " Compliment à la Sainte Vierge ", et donc un témoignage de la piété mariale de saint François, s'il faut s'en rapporter au titre que lui donnent deux manuscrits : Des vertus dont fut ornée la sainte Vierge Marie et qui devraient être l'ornement de toute âme sainte.
Hymne à mi chemin entre prière et poésie, c'est en tout cas une expression de la mentalité " courtoise " bien médiévale. On peut lui assigner quelques attaches avec divers Combats entre Vices et Vertus : celui du poète Prudence, par exemple, si prisé à l'époque, ou celui de saint Bernard de Clairvaux.
Salut, reine Sagesse, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte et pure Simplicité.
Dame sainte Pauvreté, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte Humilité.
Dame sainte Charité, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte Obéissance.
Vous toutes, saintes Vertus, que le Seigneur vous garde, lui de qui vous procédez et venez.
Nul homme en ce monde, si d'abord il ne meurt, ne peut posséder une seule d'entre vous.
Qui possède l'une et ne blesse pas les autres, il les possède toutes.
Qui blesse l'une les blesse toutes et n'en possède aucune.
Chacune d'elles met en déroute les vices et péchés :
Sainte Sagesse confond Satan et toutes ses malices.
Pure et sainte Simplicité confond toute sagesse de ce monde et toute sagesse de la chair.
Sainte Pauvreté confond cupidité, avarice, et les soucis matériels de ce monde.
Sainte Humilité confond l'orgueil et tous les vaniteux de ce monde et toutes les prétentions de ce monde.
Sainte Charité confond toutes les tentations qu'elles viennent du diable ou de la chair et toutes les craintes égoïstes.
Sainte Obéissance confond toute volonté propre et tout charnel attachement et toute charnelle obstination.
C'est elle qui tient le corps mortifié pour qu'il obéisse à l'esprit, pour qu'il obéisse à son frère.
C'est elle qui rend l'homme docile et soumis à n'importe quel homme de ce monde,
et non seulement aux hommes, mais aux bêtes et aux fauves eux mêmes,
les laissant disposer de lui comme ils veulent, autant que d'en haut leur permet le Seigneur.
Salutation à la Vierge Marie

Voici une autre expression de la piété mariale de saint François. On y remarque qu'il affectionnait la forme du " Salut " courtois. Ses invocations révèlent la délicatesse de son amour filial. Il recourt avec aisance aux procédés classiques de la liturgie, en particulier le procédé litanique, pour la confection de ses prières personnelles. On admire enfin l'exquise et poétique clarté avec laquelle il savait exprimer les plus profondes vérités du dogme chrétien : c'est le mystère de l'lncarnation qui fait ici l'objet de sa méditation lyrique.
Thomas de Celano (2 C 198) est ici encore l'un des plus anciens garants de l'authenticité de cette prière.
Salut, Marie, Dame sainte, Reine, sainte Mère de Dieu, vous êtes la Vierge devenue Eglise :
choisie par le très saint Père du ciel, consacrée par lui comme un temple avec son Fils bien aimé et l'Esprit Paraclet ;
vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et Celui qui est tout bien.
Salut, Palais de Dieu ! Salut, Tabernacle de Dieu ! Salut, Maison de Dieu ! Salut, Vêtement de Dieu ! Salut, Servante de Dieu ! Salut, Mère de Dieu !
Et salut à vous toutes, saintes Vertus, qui, par la grâce et l'illumination de l'Esprit Saint, êtes versées dans le cœur des fidèles, vous qui, d'infidèles que nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu !
Louanges de Dieu et bénédiction à frère Léon

L'autographe en est encore conservé au Sacro Convento d'Assise. Saint François l'écrivit pour chasser une tentation qui assaillait frère Léon (2 C 49). On peut le dater de septembre 1224.
C'est une pièce qui relève du même genre littéraire que certains passages du Gloria de la Messe, du Cantique de David, ou du Te Deum, dont chaque phrase est à la fois un appel et une exclamation. C'est une pièce traditionnelle : elle figure déjà dans des manuscrits du IXe siècle. Saint François n'a eu qu'à faire son choix parmi toute la série de qualificatifs donnés à Dieu. Incompréhensiblement il en a négligé un qui pourtant d'ordinaire lui plaît beaucoup : Tu es pure simplicité.
Quant à la bénédiction finale, frère Léon a pris soin de préciser lui même sur le parchemin : " Le bienheureux François écrivit de sa main cette bénédiction pour moi, frère Léon. De sa main aussi il traça le signe Tau et la tête ". Signature de François, ce signe Tau, en forme de T majuscule, traverse le prénom de Léon en témoignage de bénédiction.
Note du frère Léon : " Afin d'honorer la bienheureuse Marie, mère de Dieu, et saint Michel archange, le bienheureux François, deux ans avant sa mort, fit un carême de quarante jours sur l'Alverne, depuis l'Assomption de la Vierge Marie jusqu'à la Saint Michel de septembre. Et le Seigneur étendit sur lui la main : après avoir vu et entendu le Séraphin, après avoir reçu les stigmates du Christ sur son corps, il composa les Louanges qui sont au verso de cette feuille et il les écrivit de sa propre main pour rendre grâces au Seigneur du grand bienfait qui lui avait été accordé. "
Tu es le seul Saint, Seigneur Dieu, toi qui fais des merveilles !
Tu es fort, tu es grand, tu es le Très Haut, tu es le roi tout puissant, toi, Père saint, roi du ciel et de la terre.
Tu es trois et tu es un, Seigneur Dieu, tu es le bien, tu es tout bien, tu es le souverain bien, Seigneur Dieu vivant et vrai.
Tu es amour et charité, tu es sagesse, tu es humilité, tu es patience, tu es beauté, tu es douceur, tu es sécurité, tu es repos, tu es joie, tu es notre espérance et notre joie, tu es justice, tu es mesure, tu es toute notre richesse et surabondance.
Tu es beauté, tu es douceur, tu es notre abri, notre gardien et notre défenseur, tu es la force, tu es la fraîcheur.
Tu es notre espérance, tu es notre foi, tu es notre amour, tu es notre grande douceur, tu es notre vie éternelle, grand et admirable Seigneur, Dieu tout puissant, ô bon Sauveur !
Bénédiction

Que le Seigneur te bénisse et te garde ; que le Seigneur te découvre sa Face et te prenne en pitié !
Qu'il tourne vers toi son Visage et te donne la paix !
Que le Seigneur, frère T Léon, te bénisse !
Prière devant le crucifix

Selon la tradition, elle aurait été prononcée par le saint au pied du crucifix de Saint Damien, à l'aube de sa conversion. Comme beaucoup d'autres prières ou cantiques de François, elle commence par l'invocation au " Très Haut ". La demande des trois vertus théologales est traditionnelle dans toute la piété médiévale, dès l'époque carolingienne. Cette prière est surtout remarquable comme témoignage de la disponibilité d'une âme prête à toutes les générosités.
Dieu très haut et glorieux, viens éclairer les ténèbres de mon cœur ; donne moi une foi droite, une espérance solide et une parfaite charité ; donne moi de sentir et de connaître, afin que je puisse l'accomplir, ta volonté sainte qui ne saurait m'égarer. (Amen).
Prières attribuées à saint François

Voici pour compléter la collection des pièces authentiques, quatre prières qui, elles, ne sont probablement pas de saint François, mais qui lui sont souvent attribuées.
Prière à la sainte Vierge
Sainte Mère de Dieu, douce et belle, prie pour nous le Roi livré à la mort, ton Fils très doux, notre Seigneur Jésus Christ, de nous accorder, par sa bonté et par la vertu de sa très sainte incarnation et de sa mort très amère, le pardon de nos péchés.
Amen.
Prière d'offrande totale
Seigneur, je t'en prie, que la force brûlante et douce de ton amour prenne possession de mon âme et l'arrache à tout ce qui est sous le ciel, afin que je meure par amour de ton amour, comme tu as daigné mourir par amour de mon amour.
Prière pour le temps de maladie
Je te rends grâces, Seigneur Dieu, pour toutes ces douleurs que j'éprouve ; je te demande, ô mon Seigneur, de m'en envoyer cent fois plus encore si tel est ton bon plaisir. Car j'accepterais très volontiers que tu m'affliges sans m'épargner, puisque c'est pour moi une consolation surabondante que d'accomplir ta très sainte volonté.
Prière pour la paix
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.

Là où est la haine, que je mette l'amour.
Là où est l'offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l'union.
Là où est l'erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l'espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant
A être consolé qu'à consoler,
A être compris qu'à comprendre,
A être aimé qu'à aimer.
Car c'est en se donnant que l'on reçoit,
C'est en oubliant qu'on se retrouve soi même,
C'est en pardonnant que l'on obtient le pardon,
C'est en mourant que l'on ressuscite à la Vie.
Le psautier de saint François
(Improprement appelé Office de la Passion)

Saint François composa pour sa dévotion personnelle une sorte d'office votif : il préleva sur les psaumes de la Bible certains versets qui l'avaient frappé ou qui lui plaisaient davantage, de ces citations assemblées il se fabriqua quinze nouveaux psaumes à lui, qu'il récitait à sa guise, en plus du grand Office, pour méditer librement sur tous les mystères de notre salut, et cela selon la saison liturgique et selon les heures du jour.
Les rubriques d'utilisation de ces quinze psaumes telles que nous les transmettent les copistes, sont assez confuses. On peut les résumer en un tableau :
| Heures du jour | Complies | Matines | Prime | Tierce | Sexte | None | Vêpres |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Temps de l'Avent | 13 | 14 | 3 | 10 | 11 | 12 | 7 |
| Temps de Noël | 15 | 15 | 15 | 15 | 15 | 15 | 15 |
| Semaine Sainte | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
| Temps pascal | 8 | 9 | 3 | 9 | 9 | 9 | 7 |
| Dimanches et fêtes | 8 | 9 | 3 | 10 | 11 | 12 | 7 |
| Jours ordinaires | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 |
Voici comment saint François récitait cet Office : chaque " heure " commençait par le Pater suivi des Louanges (voir plus haut). Ensuite venaient l'antienne Sainte Vierge Marie, le psaume, puis à nouveau l'antienne. Et la dernière " heure " du jour s'achevait toujours sur la bénédiction ou acclamation : " Bénissons le Seigneur Dieu vivant et vrai, rendons lui toujours louange, gloire, honneur, bénédiction et tous les biens. Amen. Amen. Fiat. Fiat. "
Antienne
Sainte Vierge Marie, aucune n'est semblable à toi parmi les femmes de ce monde : fille et servante du Roi très haut, le Père céleste, mère de notre très saint Seigneur Jésus Christ, épouse du Saint Esprit. Avec l'archange saint Michel, avec toutes les Vertus des cieux et tous les saints, prie pour nous ton Fils très saint et bien aimé, notre Seigneur et Maître.
Psaume 1
Psaume 2
Psaume 3
Psaume 4
Psaume 5
Psaume 6
Psaume 7
Le jour de l'Ascension on ajoute ces deux versets :
Psaume 8
Psaume 9
De l'Ascension à la Pentecôte on ajoute les versets suivants :
Psaume 10
Psaume 11
Psaume 12
Psaume 13
Psaume 14
Psaume 15
Cantique de frère Soleil ou des créatures

Jusqu'à la fin - car c'est presque moribond qu'il composa son plus joyeux cantique - saint François voulut mettre le monde en état de louange.
Durant l'automne 1225, épuisé par la stigmatisation et par les maladies, il s'était retiré à Saint Damien. Presque aveugle, seul dans une cabane de roseaux, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, voilà pourtant le chant d'amour qu'il fit monter vers le Père de toute la Création.
L'avant dernière strophe, hymne au pardon et à la paix fut composée en juillet 1226, au palais épiscopal d'Assise pour mettre fin à une lutte acharnée entre l'évêque et le podestat de la ville. Ces quelques vers de l'apôtre de la paix suffirent à empêcher la guerre civile.
Quant à la dernière strophe, c'est pour accueillir par un chant notre sœur la Mort qu'elle fut composée au début d'octobre 1226.
Ap 2 11 et 20 6 ; pour l'ensemble cf. Dn 3 56-88
