Foi et Contemplation

Marie

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Le Néocatéchuménat

Quel modèle de Catéchuménat ?

L'espace consenti à une rencontre comme la nôtre ne permet évidemment pas de traiter à fond ce sujet, intimement lié à la sphère et à la réalité liturgiques. Interrogeons-nous donc sur ce qu'affirmaient ou défendaient les Pères de l'Église à ce propos. Il est intéressant de remarquer la similitude de structure entre les catéchèses des Pères grecs et celles des Pères latins. Il semble qu'ils aient voulu explicitement que la catéchèse ait pour base première la célébration elle-même, pour mettre ensuite en évidence ses points de départ en utilisant la typologie biblique. En d'autres termes, il semble que les Pères aient toujours ressenti la nécessité d'évangéliser et de préparer leurs fidèles aux mystères du salut à travers une liturgie catéchétique. Toutes les grandes catéchèses mystagogiques connues communément, comme celles de Cyrille de Jérusalem, d'Ambroise, de Théodore de Mopsueste ou de Grégoire de Nysse, se conforment à cette méthode.

Ambroise, par exemple, explique d'abord le caractère mystagogique de ses catéchèses. Sans aucun doute, à son époque et dans la culture ecclésiale de son temps, il existait une discipline du mystère, mais il nous présente les motifs du retard de la catéchèse sacramentelle qui se fait après l'expérience même des sacrements.

Nous connaissons cet usage. Il reste à voir si nous devons continuer à nous en détacher dans tous les cas. La foi, don de l'Esprit dans les sacrements de l'initiation, aide à comprendre les sacrements reçus et à poursuivre leur expérience vitale. Il est évident qu'un sacrement, en tant que signe, doit être catéchisé, non pas en partant de l'abstrait ou de la spéculation, ni encore moins de l'interprétation, mais du signe lui-même. Ambroise situe donc le sacrement et fait appel à ce qui se voit. Il s'agit très souvent de comprendre la nature des sacrements et d'apprécier leur fonction. Il recourt à la typologie et l'interroge. Par exemple, il développe une catéchèse sur l'eau durant la célébration du Baptême. Mais le Baptême, bien que conférant la filiation, a besoin d'un complément : la Confirmation, la perfection du chrétien qui reçoit les sept dons de l'Esprit. Ceci est exprimé en partant du rite utilisé par l'évêque. Comme on peut le remarquer, la catéchèse n'est pas d'abord une explication de la liturgie célébrée ; celle-ci doit parler d'elle-même. Mais la liturgie sert de point de départ à la catéchèse. La liturgie est donc le fondement de la catéchèse sacramentelle, en étant une catéchèse en acte. Sans doute, de nos jours, nous pouvons nous demander s'il ne serait pas utile de. faire une catéchèse "intra ipsa mysteria", en catéchisant à travers une juste remise en valeur des signes. N'oublions. pas qu'il existait aussi des célébrations liées à la catéchèse et la mystagogie, qui rappellent les sacrements de l'initiation. Mais il demeure évident qu'aucune d'elles ne peut vraiment être efficace si celui qui devrait en bénéficier manque totalement de foi.

Nous pourrions aussi nous demander : pourquoi recommencer à approfondir les sources liturgiques et patristiques de l'initiation chrétienne du passé, comme si la vie chrétienne n'était pas celle d'aujourd'hui, vécue dans un contexte précis qui lui est propre ? Est-il encore utile de connaître le passé avec un tel luxe de détails ? Ne risque-t-on pas de faire de l'“archéologie” ?

Nous répondrons qu'il ne serait pas possible de comprendre à fond, ni de juger avec objectivité, et encore moins de définir un catéchuménat adapté aux exigences du monde d'aujourd'hui, ni même de s'en remettre à une sage adaptation des "Ordines" contemporains dans les diverses réalités, sans suffisamment connaître leurs prodromes, sans découvrir ce qui, pour eux, est essentiel et permanent et sans avoir pu libérer cet essentiel du marginal. Cette lacune rendrait aussi impossible de suivre l'évolution de la théologie sacramentelle - au niveau de ses progrès, mais parfois aussi de ses déviations -, pour pouvoir présenter de nos jours une catéchèse sacramentelle valable.

Un autre aspect que nous avons déjà souligné, c'est que les sacrements sont des sacrements de la foi. Le fait de mettre exagérément l'accent sur l'"ex opere operato" du sacrement à parfois pu provoquer un affaiblissement des exigences de la foi chez ceux qui voulaient le recevoir. Ces aspects importants d'une théologie des sacrements se manifestent dans la période "pré-catéchuménale" considérée non seulement par le RICA, mais aussi par l'ensemble du chemin de restauration du catéchuménat lui-même.

Les nouveaux rituels ont entièrement modifié la présentation de leur contenu. Des chapitres composés de rubriques et de mesures disciplinaires ont fait place à des "Praenotanda" souvent très riches sur le plan doctrinal et spirituel et qui, à eux seuls, peuvent faire office de catéchèse.

Quelle solution pourrait-on dès lors proposer ? Il ne nous revient pas de donner une réponse en la matière, mais nous pouvons présenter quelques suggestions. Sans aucun doute, l'Église a le droit de choisir et d'accomplir son œuvre. Mais nous pouvons nous demander si l'Église ne peut pas créer un nouvel usage. A partir précisément des voies tracées par ce renouveau liturgique et par les exigences actuelles, un "Ordo" de catéchuménat post-baptismal pourra être proposé, en tenant compte non seulement de l'état actuel des fidèles chrétiens, mais aussi des expériences historiques et des expériences actuelles dans ce domaine au sein de l'Église post-conciliaire. Une telle innovation ne peut cependant pas être adoptée sans une connaissance approfondie de l'histoire de la liturgie des sacrements de l'initiation et de l'expérience vécue par les Pères ; en d'autres termes, de la voie liturgique. Mais une telle recherche suppose également l'abandon de recherches abstraites et une relecture de l'histoire du salut qui permette de mieux situer dans le plan de Dieu le rôle du Ressuscité et de l'Esprit à travers l'histoire.

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