Foi et Contemplation

Marie

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Le Néocatéchuménat

Conclusions

A partir de tout ce qu'a fait ressortir notre analyse, nous pouvons tirer quelques brèves conclusions.

  1. Les Églises - du moins occidentales - quoi que l'on en dise, lient trop leur recrutement aux nouveau-nés. Bien sûr, cela n'exclut pas qu'elles puissent aussi proposer l'Évangile aux adultes. Mais, très souvent, elles le font en présupposant déjà la foi, ou encore en invitant à la conversion et à une action inspirée par l'Évangile sans toutefois lier cette réalité au Baptême.

    Un catéchuménat post-baptismal est donc aujourd'hui non seulement nécessaire, mais il est surtout indispensable pour pouvoir mener à bien la nouvelle évangélisation dans le monde et la re-christianisation des pays de vieille tradition chrétienne.

  2. Cela requiert de nouveaux critères de catéchèse catéchuménale qui soit :
    1. Une catéchèse qui prenne ta vie adulte au sérieux

      Le catéchiste des adultes devra se présenter tel qu'il est, sur le plan humain et sur le plan de la foi, c'est-à-dire sur le plan du témoignage et non seulement sur le plan magistériel.

      Dans une catéchèse chrétienne, la rencontre avec des adultes exige qu'elle se réalise dans l'intelligence que nous donne la foi.

      L'essence de la catéchèse ne réside pas dans des formules ou dans des enseignements, mais dans l'illumination chrétienne de l'existence, sous ses dimensions les plus profondes.

    2. Une catéchèse qui se confronte avec la foi

      La question de fond demeure celle de l'identité chrétienne : qu'ajoute le christianisme à la vie humaine ? En quoi le croyant se différencie-t-il de l'athée ? En quoi consiste la façon d'être chrétien ou de le manifester ?

    3. Une catéchèse qui donne vie à une communauté de croyants

      La foi est une préfiguration, une espérance, un amour concédé, une grâce. C'est une façon originale de rencontre avec l'Aimé, que l'on ne possède qu'en gage, par signes, dans les sacrements, c'est-à-dire dans une espérance de plénitude. Autour du Christ, la foi se vit dans l'Église, dans la communauté.

      Parfois, un peu trop facilement, certains identifient la foi à la religiosité, la crainte, la conscienceÉ faisant naître ainsi la nécessité de purifier et de reconnaître cette foi. Or, ce processus de maturation ne peut se faire qu'avec d'autres. Le christianisme n'est pas une idée, une évidence ou une vérité ; c'est une personne, celle de Jésus, qui meurt et ressuscite comme Seigneur.

    4. Une catéchèse qui initie à un processus de maturation dans la foi

      Ce processus, exige une catéchèse progressive et appropriée. En effet, chaque catéchumène a sa propre histoire, une façon spécifique de réagir à la catéchèse. Parfois, cela demande une période d'approfondissement qui ne peut absolument pas être établi a priori.

  3. Une redécouverte nouvelle et sérieuse de la valeur des signes liturgiques et d'une liturgie catéchétique est nécessaire.
  4. Pour vivre et approfondir la voie du catéchuménat post-baptismal, des communautés qui ne soient pas trop nombreuses sont plutôt indiquées.
  5. C'est précisément de là que pourrait partir une proposition à adresser à la Congrégation pour le Culte Divin et pour la Discipline des Sacrements : qu'elle prenne en considération la possibilité, non pas tant d'un nouveau rituel pour le catéchuménat post-baptismal, mais d'un Directoire permettant d'officialiser une telle exigence, tout en tenant compte de la pluralité des expériences, surtout de celles qui se pratiquent déjà dans l'Église d'aujourd'hui. Il ne s'agit pas de codifier mais de savoir puiser des "choses nouvelles et des choses anciennes" de la tradition de l'Église, en restant attentifs aux signes de l'Esprit et en se basant sur l'ecclésiologie authentique du Concile Vatican II.
  6. En tant qu'Église, nous ne pouvons que re-proposer aux hommes déboussolés de notre temps surtout s'ils sont chrétiens désireux de rencontrer et de suivre le Christ Seigneur au prix de biens des efforts, la possibilité de redécouvrir les lieux et les moyens que le Seigneur a voulu laisser à son Église. Et ceci afin que se réalise pour chaque chrétien ce qu'avait affirmé en son temps le grand Ambroise de Milan :

    Non par le biais de miroirs ou par énigmes, mais face à face Tu t'es montré à moi, ô christ, et moi, dans tes sacrements, je Te trouve.

    Ou comme l'affirmait le Pape Léon le Grand :

    Ce que la tradition a établi depuis longtemps et que la coutume a confirmé, que l'érudition ne l'ignore pas et que la piété ne le néglige pas.

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