Foi et Contemplation

Marie

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Le Néocatéchuménat

Le baptême dans l'itinéraire catéchuménal : redécouvrir que l'on est chrétien

Le Rituel de l'Initiation Chrétienne des Adultes a été promulgué par la Congrégation pour le Culte Divin le 6 janvier 1972, fête de l'Epiphanie ou de la manifestation du Seigneur aux païens. Il n'est pas seulement le fruit des recommandations de la constitution Sacrosanctum Concilium sur la sainte liturgie, ou du décret Ad Gentes sur la nature missionnaire de l'Église, ou d'autres documents conciliaires. Ce rituel cherche plutôt à reprendre l'héritage de deux expériences catéchuménales : l'expérience primitive, qui représentait l'époque patristique, et l'expérience précédant le Concile, qui exprimait l'expérience française et celle d'autres pays de mission, de l'après-guerre au Concile. Cet "Ordo" met surtout trois faits en évidence :

  1. Il existe actuellement des adultes qui découvrent la foi.
  2. L'Église se reconnaît en état de mission.
  3. Le catéchuménat peut répondre aux exigences de l'homme contemporain, en revêtant une fonction significative.

Comme le souligne bien Casiano Floristan :

Une fois le catéchuménat situé entre la non-croyance et le début de l'acte personnel de foi, les grandes questions du christianisme dans la société peuvent être débattues : que. signifie être chrétien ? En quoi consiste la conversion au christ ? Quel sens revêt l'engagement des chrétiens dans la transformation de la société ? comment s'enracine la foi aujourd'hui dans l'œuvre de transformation de la non-croyance à une communauté chrétienne ? De quel type de communautés l'Église a-t-elle besoin aujourd'hui ? Quels espaces de dialogue l'Église offre-t-elle au monde de la non-croyance ? etc. La pastorale évangélisatrice, catéchétique et sacramentelle doit être aujourd'hui une pastorale catéchuménale. Pour que cet esprit imprègne tous les efforts et toutes les dimensions de l'Église, il faut un catéchuménat diversifié et multiple. Le nouveau rituel nous rappelle que l'Église ne doit pas se replier sur elle-même, mais doit s'ouvrir au monde de la non-croyance et rendre possible l'incorporation de nouveaux membres adultes, en les aidant à mûrir dans la foi.

Si, comme nous avons eu l'occasion de le souligner, il est nécessaire de proposer un catéchuménat post-baptismal pour la ré-initiation de ceux qui sont déjà baptisés ou pour la ré-évangélisation des pays connaissant une déchristianisation, il faut reproduire, pour un vécu responsable, l'esprit et la structure proposés par l'Église à travers le Rituel de l'Initiation Chrétienne des Adultes.

L'“Ordo” offre une vision globale de l'initiation chrétienne présentée comme un processus dynamique et progressif qui se développe dans le temps et comporte une maturation de la foi et du choix chrétien. Ce processus « s'accomplit progressivement » (n. 4), il « s'adapte à l'itinéraire spirituel des adultes » (n. 5) de différente manière et « comporte des degrés et des étapes » (n. 6-7) à surmonter.

Trois rites principaux (admission au catéchuménat, élection et célébration des sacrements la nuit de Pâques) rythment les quatre temps ou étapes de l'initiation chrétienne ainsi définis :

a) Le pré-catéchuménat

C'est le premier temps, qui engage le candidat dans la recherche ; il est consacré par l'Église à l'évangélisation (cf. RICA n. 7) et s'achève par l'entrée dans l'ordre des catéchumènes. En plus de l'évangélisation nécessaire aussi bien pour les catéchumènes que pour ceux qui reprennent un cheminement de foi, les éléments constitutifs de cette étape sont les suivants :

— Le témoignage. Le Nouveau Testament accentue l'importance du témoignage dans l'activité missionnaire. Dans le livre des Actes, en plus de la prédication, il existe une autre forme d'évangélisation qui est précisément le témoignage.

— L'accueil. La première tâche d'une communauté est celle de l'accueil d'un adulte qui s'en approche. Cet accueil est décisif. Sur le plan théologique, cela équivaut à vivre le précepte de l'amour. En effet, il ne se fonde pas sur le paternalisme, ni sur un sens de protection ; il n'est pas non plus motif d'apologétique ni de prosélytisme.

— Le colloque. Il s'enracine dans le contexte de la vie pré-catéchuménale et se base sur la décision de prendre contact et de faire partie d'une communauté chrétienne bien spécifique.

— La pré-catéchèse. Elle équivaut, à l'intérieur du renouveau catéchuménal, au devoir d'éducation du pré-catéchuménat, qui précède immédiatement la catéchèse. Son rôle est irremplaçable.

b) Le catéchuménat

C'est la deuxième période qui commence par l'entrée dans le catéchuménat ; il peut durer plusieurs années, il est consacré à la catéchèse et aux rites qui lui sont liés et il s'achève le jour de l'élection (cf. ibid.).

L'admission au catéchuménat suppose l'évangélisation ou annonce du Dieu vivant (cf. Sacrosanctum Concilium, 9 ; Ad Gentes, 13). L'Église accueille officiellement le converti : dans la mesure où il entre dans le catéchuménat, cela équivaut à son entrée dans la communauté chrétienne. Elle indique l'acceptation d'un début d'appartenance à l'Église, ce qui implique - de la part du catéchumène - une acceptation de Jésus-Christ révélé dans l'Église. Cette période est qualifiée par l'"Ordo" de « préparation pastorale, période d'épreuve dûment prolongée ou initiation aux mystères du salut, formation à la vie chrétienne dans sa plénitude, initiation à la pratique des coutumes évangéliques, aux saints rites, célébrés les uns après les autres, en temps voulu » (n. 98 passim) et de « période de temps assez longue durant laquelle les candidats reçoivent une instruction pastorale et s'efforcent de suivre une discipline opportune ; de la sorte, les dispositions d'esprit qu'ils ont manifestées à leur entrée dans le catéchuménat sont portées à maturation » (n. 19).

Représentant une introduction « au chemin de la foi, de la liturgie et de la charité du peuple de Dieu » (n. 98), il se présente comme une période de catéchèse d'initiation progressive, organisée et complète, accompagnée de la pratique de la charité, en fonction d'une éducation pénitentielle et eucharistique, au sein d'un cadre de célébrations adéquates.

Le temps du catéchuménat et le catéchuménat lui-même ont été comparés par Tertullien à la formation d'un soldat qui passait par une période de noviciat, avant de s'engager par serment et d'être marqué par un tatouage spécial. Origène met en relation le processus d'initiation et la marche du peuple de Dieu passant de l'Egypte (paganisme) à la terre promise (les cieux). D'autres ont établi un lien entre le processus catéchuménal et la gestation de l'Église, Epouse et Mère, qui enfante de nouveaux enfants durant la sainte nuit du Baptême.

Les objectifs de cette période sont : la maturation de la foi grâce à des catéchèses appropriées, la formation à l'engagement par des attitudes et des comportements évangéliques, l'initiation à la dimension communautaire de la foi et l'insertion dans la vie liturgique à travers des célébrations adéquates au cours desquelles les signes servent précisément d'introduction et de formation pendant le temps de la célébration.

Les célébrations spécifiques à cette période catéchuménale reposent sur la célébration de la Parole, des exorcismes mineurs, des bénédictions et des rites de passage. Pour ceux qui suivent un chemin de ré-initiation, la célébration eucharistique, célébrée de manière particulière et exprimant le caractère catéchétique de la célébration "in actu", ne peut pas être relayée au second plan. Loin d'être l'exploitation d'un aussi grand sacrement pour l'Église, ce temps devient le moment et le lieu privilégiés permettant de devenir toujours plus conscient des mystères salvifiques de notre foi.

c) La préparation quadragésimale

C'est la troisième période, assez brève. Normalement, elle coïncide avec la préparation des solennités pascales et des sacrements pendant le Carême et est consacrée à la purification et à l'illumination intérieures. Durant cette étape, l'Église fait élection ou choisit et admet des catéchumènes qu'elle juge prêts à recevoir les sacrements de l'initiation (cf. n. 22).

d) La mystagogie

C'est la dernière période, destinée à l'expérience chrétienne et à ses premiers fruits spirituels et à tisser des liens toujours plus étroits avec la communauté des fidèles. La célébration des sacrements de l'initiation (Baptême, Confirmation, Eucharistie) est le niveau à travers lequel les élus, après avoir obtenu la rémission de leurs péchés, sont agrégés au peuple de Dieu, reçoivent l'adoption comme enfants de Dieu et sont introduits par l'Esprit Saint dans le temps du plein accomplissement des promesses ; ils perçoivent ainsi un avant-goût du royaume de Dieu lors du sacrifice et du banquet eucharistique (cf. n. 7 et 27).

Comme nous pouvons le remarquer, l'exigence d'un catéchuménat post-baptismal reflète le souci de l'Église d'annoncer au monde entier la "bonne nouvelle" du salut, sans toutefois considérer que ceux qui ont reçu les sacrements du salut sont déjà sauvés. La prise de conscience d'un tel catéchuménat, conçu comme ré-initiation à la vie chrétienne, indique en effet ce qu'il faut faire si l'on veut s'orienter vers une restructuration de son identité. Il s'agit de vivre une nouvelle initiation, soit pour assimiler une conversion déjà à l'œuvre, soit pour se disposer le plus possible à. celle-ci, sans pouvoir prescrire à l'avance quand et comment elle adviendra (cf. n. 20).

La majeure partie des mouvements ou groupes ecclésiaux, qui ont depuis longtemps enrichi l'Église grâce à leur spiritualité, leur présence et leur activité, se sont presque toujours insérés dans ce mouvement d'approfondissement de la vie baptismale, conçu principalement comme temps mystagogique supposant une vie chrétienne ou un choix de foi. Rappelons ici l'extrême importance et le rôle joué par l'Action Catholique, la Communauté de Vie Chrétienne, les Tiers Ordres, les mouvements nés de l'avant-Concile ou de l'après-Concile.

L'histoire et le magistère de l'Église invitent tout le monde à revoir les moyens par lesquels l'annonce évangélique est transmise, en ne donnant jamais pour acquis l'accueil et l'adhésion consciente à la foi.

Certains projets de la nouvelle évangélisation semblent parfois être plus liés à une volonté des chrétiens qu'à l'écoute des demandes effectives et veulent utiliser des instruments de masse qui sont, certes, en harmonie avec la culture mais bien éloignés de l'accompagnement et du parcours de type catéchuménal.

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