Foi et Contemplation

Marie

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Le Néocatéchuménat

Le Magistère de l'Église après le Concile

La prise de conscience de la situation du monde contemporain et la restauration du catéchuménat par le Concile ont conduit le magistère de l'Église à faire entendre sa voix à cet égard à diverses occasions :

— En 1968, à Medellin (Colombie), la deuxième Conférence générale de l'épiscopat latino-américain. défend le rôle d'une catéchèse générale de l'épiscopat latino-américain défend le rôle d'une catéchèse « éminemment évangélisatrice » qui touche surtout ceux qui sont déjà baptisés et qui ré-évangélise surtout la tranche d'âge des adultes, ce qui suppose « de nouvelles. formes de catéchuménat pour la catéchèse des adultes » (Document final, 8, 9).

— En 1971, la Congrégation pour le Clergé promulgue le Directorium Catechesticum Generale qui souligne :

La catéchèse pour adultes s'adressant à des hommes capables d'une adhésion pleinement responsable, elle doit être considérée comme la forme principale de catéchèse, à laquelle toutes les autres, qui sont également nécessaires, sont d'une certaine manière subordonnées (n. 20).

Très souvent la situation réelle dans laquelle se trouve un grand nombre de fidèles requiert nécessairement une certaine forme d'évangélisation des baptisés qui précède la catéchèse (n. 19).

Plus que de conserver des habitudes religieuses transmises, il s'agit plutôt d'encourager une ré-évangélisation adéquate des hommes, d'obtenir leur reconversion, de leur impartir une éducation à la foi, plus mûre et plus profonde (n. 6).

Pour cette raison :

Le catéchuménat des adultes, qui est à la lois catéchèse, participation liturgique et vie communautaire, est l'exemple type d'une institution née de la collaboration des différentes tâches pastorales. Sa finalité est donc de diriger l'itinéraire spirituel des hommes qui se préparent au Baptême et d'orienter le changement de leur mentalité et de leurs mœurs (n, 130).

— Le document officiel le plus important en matière de catéchuménat voit le jour le 6 janvier 1972 : le Rituel de l'initiation chrétienne des Adultes (RICA), fruit d'une longue et difficile recherche et expérimentation sur une période de près de dix ans.

— L'exhortation apostolique du pape Paul VI, Evangelii nuntiandi de 1975, souligne différents aspects de la pastorale catéchuménale relevant qu'elle est déterminante pour « des multitudes de personnes qui ont reçu le Baptême mais qui vivent en dehors de toute vie chrétienne » (n. 52). C'est la raison pour laquelle, chaque jour rend toujours « plus urgent l'enseignement catéchétique, sous la forme d'un catéchuménat, pour de nombreux jeunes et adultes » (n. 44). L'urgence qui en découle comporte que la catéchèse soit faite : « sous une lumière autre que l'enseignement reçu dans leur enfance » (n. 52).

— Le Synode des Evêques de 1977 consacré à la catéchèse dans le monde contemporain affirme que le modèle de toute catéchèse est le catéchuménat baptismal, formation spécifique qui conduit l'adulte converti à professer sa foi baptismale durant la nuit de Pâques (cf. Proposition 8). Il s'ensuit qu'il faut susciter diverses méthodes d'initiation chrétienne pour le grand nombre de baptisés qui n'ont reçu aucune éducation à la foi. On perçoit avec plaisir, à notre époque, que ce processus de catéchisation doit revêtir un caractère catéchuménal (cf. Proposition 30).

— En 1979, à Puebla (Mexique), la troisième Conférence générale de l'épiscopat latino-américain, dressant un bilan après Medellin, souligne que « toute catéchèse doit conduire à un processus de conversion et de croissance permanentes et progressives de la foi » (Documents, 998), rappelant ainsi l'importance d'une catéchèse évangélisatrice.

— A la fin de la même année, ce thème est repris à un niveau universel dans l'exhortation apostolique Catechesi tradendae du pape Jean-Paul II. Se basant en particulier sur le Directorium Catechisticum Generale de 1971, il affirme que la catéchèse pour adulte « est la principale forme de la catéchèse dans la mesure où elle s'adresse à des personnes qui ont les plus grandes responsabilités et la capacité de vivre le message chrétien, sous sa forme la plus développée » (n. 43).

Parlant ensuite des destinataires de. la catéchèse pour adultes, il explique de qui il s'agit :

  1. Ceux qui sont nés et éduqués dans des régions pas encore christianisées ;
  2. Ceux qui, dans leur enfance, ont reçu une catéchèse correspondant. à leur âge, mais qui se sont éloignés par la suite de toute pratique religieuse ;
  3. Ceux qui sentent les effets d'une catéchèse sans doute précoce, mais mal orientée ou mal assimilée ;
  4. Ceux qui n'ont. jamais été éduqués à la foi et, en tant qu'adultes, sont de véritables catéchumènes (cf. n. 44).

L'exhortation tient davantage compte du catéchuménat post-baptismal que du catéchuménat pré-baptismal, et parle plus de catéchèse pour adultes que de catéchuménat. En outre, au n. 23, elle rappelle également que « dans l'Église primitive, catéchuménat et initiation aux sacrements du Baptême et de l'Eucharistie s'identifiaient ».

— En 1983, partant de Catechesi tradendae et de la situation ecclésiale, la Conférence épiscopale espagnole, dans la Catequesis de la comunidad, réaffirme le caractère paradigmatique de la catéchèse pour adultes. En Espagne aussi, comme ailleurs, celle-ci revêt une valeur particulière à partir du moment où les enfants et les jeunes sont privés, dans le domaine de la foi, de tout modèle ou référence à des adultes ou à des communautés ecclésiales vivantes qui soient les témoins de leur propre foi (cf, n. 237).

Ce document défend le catéchuménat des baptisés, en proposant pour la catéchèse des adultes « une période intensive, [...] suffisamment longue, de formation intégrale et fondamentale » (n. 239). L'intention du texte est de répondre à l'exigence de « bâtir des fondements basilaires de la foi... (en s'adressant aux adultes en situation quasi-catéchuménale) » (n. 240).

— La même année, le Code de Droit Canonique analyse la problématique du point de vue juridique en une quinzaine de canons. La référence la plus évidente au thème en question se trouve au canon 789 qui affirme : « Il est nécessaire que les néophytes soient formés grâce à une instruction appropriée pour connaître plus profondément la vérité évangélique et remplir les engagements pris au moment du Baptême et qu'ils soient imprégnés du Christ et de son Église ».

Comme on le constate, l'Église se soucie tout spécialement de ceux qui ont déjà été baptisés. Or quelle méthode peut être la plus efficace pour eux, sinon celle de re-parcourir les étapes qui les ont introduits dans le mystère du Christ ? En d'autres termes, la vie catéchuménale ?

— En 1992, le Catéchisme de l'Église Catholique, publié avec la constitution apostolique Fidei depositum, affronte ce sujet au n. 1231 :

Là où le Baptême des enfants est devenu largement la forme habituelle de la célébration de ce sacrement, celle-ci est devenue un acte unique qui intègre de façon très abrégée les étapes préalables à l'initiation chrétienne. De par sa nature même, le Baptême des enfants exige un catéchuménat post-baptismal. Il ne s'agit pas seulement du besoin d'une instruction postérieure au Baptême, mais de l'épanouissement nécessaire de la grâce baptismale dans la croissance de la personne. c'est le lieu propre du catéchisme.

Il faut souligner que ce texte qui fait autorité résume bien la pensée de l'Église et les diverses étapes indiquées par les documents précédents. Il fait ressortir non seulement la référence, mais l'admission claire de la nécessité d'un catéchuménat post-baptismal.

— Enfin, nous ne pouvons pas ne pas évoquer la Note pastorale publiée à Pâques 1997 par le Conseil permanent de la Conférence épiscopale italienne et intitulée L'iniziazione cristiana. Orientamenti per il catecumenato degli adulti (ce qui signifie : L'initiation chrétienne. Orientations pour le catéchuménat des adultes).

Ce texte, divisé en 91 points, partant du Baptême des adultes aujourd'hui en Italie, traite de l'initiation chrétienne, au cours de l'histoire et aujourd'hui. Par ailleurs, se basant sur les indications du RICA, il offre des indications pastorales pour le catéchuménat des adultes. Le problème d'une catéchèse ou d'un catéchuménat post-baptismal n'est souligné de façon marginale qu'aux n. 90-91, "Oltre l'iniziazione" (Au-delà de l'initiation), qui. affirment :

De fait, le processus d'initiation chrétienne s'achève avec le temps de la mystagogie. La formation du nouveau baptisé se poursuit en revanche toute la vie. Voilà pourquoi le soin maternel de l'Église, mis en œuvre avec sollicitude à travers le processus catéchuménal, doit se poursuivre et se renforcer avec des effets et un soin renouvelés après l'initiation (n. 90).

Les néophytes ont le droit et le devoir de grandir dans leur foi et de développer leur vie chrétienne. Voilà pourquoi il faudra les aider à mieux s'insérer dans la communauté chrétienne, leur fournir l'opportunité d'une participation toujours plus intense à la vie de la paroisse et la possibilité concrète d'adhérer à des expériences appropriées de catéchèse et de formation chrétienne permanente (n. 91).

Une lecture attentive de cette Note pastorale, qui semble ignorer ou négliger une telle problématique dans le contexte du thème proposé, permet de constater qu'elle considère en revanche le cheminement post-baptismal sous l'aspect d'une mystagogie conçue comme une formation permanente. C'est une perspective nouvelle qui non seulement ne s'oppose pas mais qui intègre aux textes analysés jusqu'à présent, présentant l'envers de la médaille de notre thème.

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