Foi et Contemplation

Les prêtres

Les Prêtres Martyrs

Année 2003

09-01 bienheureux Casimir Grelewski
Prêtre et martyr (1907-1942)
Le père Casimir Grelewski était un prêtre du diocèse de Sandomierz, en Pologne. Il était également préfet dans des écoles de la ville. A partir de septembre 1939, les prêtres catholiques polonais, jugés dangereux, furent déportés par les nazis. Le père Casimir fut arrêté le 24 janvier 1941, en même temps que son frère Stefan, et ils furent déportés au camp de concentration de Dachau. Ils subissaient les mesures de rétorsions nazies à chaque intervention de Pie XII contre la politique du Reich. Un jour frappé violemment par un kapo, le père Casimir se releva, fit le signe de croix sous les yeux de celui qui venait de le frapper, ajoutant avec calme : " Que Dieu te pardonne. " Ces paroles déchaînèrent son agresseur, qui se rua sur lui et le roua de coups en hurlant : " Je t'expédie tout de suite chez ton Dieu, moi ! ". Il fut pendu dans le camp le 9 janvier 1942. Avant de mourir, il exhortait ses bourreaux : " Aimez le Seigneur ! ".
21-01 bienheureux Édouard Stransham
Prêtre et martyr († 1586)
Ce martyr d'Angleterre, originaire d'Oxford, avait étudié au collège Saint-Jean avant de quitter sa ville natale pour aller se préparer au sacerdoce à Douai et à Reims. Ordonné prêtre en 1580, il se consacra à la mission anglaise, dans la clandestinité. Mais on apostolat, à Londres et à Oxford, fut découvert. Arrêté et condamné à mort sous la persécution d'Élisabeth 1er, il gagna la couronne du martyre à Tyburn.
30-01 bienheureux Sigismond Pisarski
Prêtre et martyr (1902-1943)
Prêtre polonais du diocèse de Lublin, Sigismond Pisarski, est curé à Gdezyn, où il est reconnu pour son zèle pastoral, lorsque survient l'invasion de la Pologne par l'Allemagne hitlérienne, le 1er septembre 1939. Désormais sa vie ne tient qu'à un fil. Le 30 janvier 1943, il est arrêté, soumis à un cruel interrogatoire par la Gestapo et condamné à mort pour avoir refusé de dénoncer des communistes qui, pourtant, peu auparavant, l'ont eux-mêmes persécuté. Il meurt fusillé, le rosaire en main, et reçoit ainsi la palme du martyre. Il est béatifié par Jean-Paul II à Varsovie en 1999, parmi les cent huit victimes de la persécution nazie en Pologne.
07-02 Saint Jean de Triora
Prêtre et martyr (1760-1816)
Le père Jean, franciscain, originaire de la ville italienne de Triora, et missionnaire en Chine, fait partie des cent vingt premiers martyrs de Chine, canonisés au cours du Grand Jubilé. Les franciscains de la province romaine l'avaient accueilli au noviciat alors qu'il n'avait que 17 ans. Pourtant, ce n'est qu'à 39 ans, en 1799, qu'il débarqua en Chine, à Macao, pour aller annoncer l'Évangile dans la province du Hunan. En 1804, il partit pour le Jiangxi. Il y passa huit années malgré les édits anti-chrétiens et les délations récompensés. Mais, en 1812, un catéchiste le trahit, le désignant aux mandarins comme Européen et ministre de la religion chrétienne. Les soldats investirent sa maison, tandis que le franciscain, déguisé en paysan, rejoignait le Hunan. Cependant, la persécution le rattrapa. Missionnaires et catéchistes furent jetés en prison et torturés, et le père Jean fut condamné à mort par strangulation. Avant le supplice, et selon l'usage des chrétiens de Chine, il adora le Seigneur en se prosternant cinq fois, sans peur de confesser ouvertement sa foi dans le Christ. C'était le 7 février 1816.
13-02 Saint Paul Liu Hanzuo
Prêtre et martyr († 1818)
Paul Liu Hanzuo fait partie des cent vingt premiers saints de Chine proposés comme modèles à l'Église universelle le 1er octobre 2000. Il figure parmi vingt-quatre martyrs de la Société des missions étrangères de Paris et leurs compagnons. Originaire de Lo-tche-hien, il gardait les brebis. Les missionnaires, admirant la piété du pastoureau, l'invitèrent à s'inscrire comme élève au petit séminaire. À 30 ans, il était le plus jeune prêtre de la mission du Sichuan. On était frappé de son amabilité, de sa modestie, de sa simplicité et de son zèle, que la persécution semblait enflammer .Arrêté le 15 août 1818, il fut conduit devant le mandarin et déclara qu'il était prêtre catholique et résolu à mourir plutôt que de renier sa foi. Cela lui valut d'être roué de coups, et d'attendre en prison le rescrit impérial. La sentence - la mort par strangulation -fut exécutée à Dongjaochang, prés de la ville de Lezhi, le 13 février 1818.
18-02 bienheureux Jerzy Kaszyra
Prêtre et martyr (1904-1943)
Jerzy Kaszyra entra à l'âge de 20 ans chez les religieux marianistes polonais. Devenu prêtre, il se distingua par son ardeur apostolique, par son tact dans les relations entre catholiques et orthodoxes et dans ses effort pour favoriser l'unité des chrétiens. Puis survinrent l'invasion de la Pologne et l'occupation par les troupes du IIIe Reich. En juillet 1942, les arrestations massives de prêtres catholiques n'empêchèrent pas ses supérieurs de l'envoyer renforcer le groupe missionnaire du père Anton Leszczewicz dans la ville de Rosica, au-delà de la Dzwina. Le 17 février 1943, la persécution s'abattit sur la communauté catholique. Les pères Anton et Jerzy ainsi que trois cent quatre-vingts autres paroissiens furent arrêtés. Les deux prêtres avaient refusé de les abandonner à l'approche du danger de mort, et ils voulaient les accompagner jusqu'au bout. Ils périrent brûlés vifs. Ils ont été déclarés martyrs et béatifiés ensemble à Varsovie, le 13 juin 1999, parmi cent huit martyrs polonais de la persécution nazie.
21-02 Saint Robert Southwell
Prêtre et martyr (1561-1595)
Ce n'est pas parce qu'il figure parmi les poètes religieux anglais les plus remarquables, pour ses cantiques spirituels, que le nom de Robert Southwell est passé à la postérité. Originaire de Horsham, dans le Norfolk anglais, le jeune Southwell était conscient des conséquences, pour son avenir, de son départ pour Rome. Il voulait devenir jésuite, il avait 17 ans. Une fois ordonné prêtre, il rejoignit la mission anglaise dans la clandestinité, alors que les prêtres catholiques étaient bannis du royaume. Pendant huit ans, à Londres même, son apostolat fécond échappa aux pièges et aux trahisons. Dénoncé en 1592, il eut à endurer trois ans de cachot et, sur ordre de la reine, treize cruelles séances de torture. Condamné à mort, il fut pendu à Tyburn. Il fait partie des quarante martyrs d'Angleterre et du pays de Galles canonisés en 1970. L'Église fait aujourd'hui mémoire de Robert et de son héroïque fidélité au Christ et aux sacrements de l'Église.
25-02 Saint Turibe Romo Gonzalez
Prêtre et martyr (1900-1928)
Après son ordination, le père Turibe fut nommé vicaire avec fonctions de curé à Tequila, près de Guadalajara, au Mexique. Saisi par le mystère de l'eucharistie, il priait : " Seigneur, ne permettez pas qu'un seul jour se passe sans que je dise la messe, sans vous embrasser dans la communion ". Pour mettre à jour les registres de la paroisse, il se rendit, le 25 février 1928, à Aguascalientes, lieu de refuge et centre de son apostolat. Ce travail lui prit toute la journée et toute la nuit. Vers cinq heures du matin, il voulut célébrer l'eucharistie, mais ressentit fortement la fatigue. Il préféra se reposer, pour être ensuite plus présent à la célébration. Il s'était à peine endormi lorsqu'un groupe de paysans et de soldats fit irruption. " C'est lui le prêtre, tuez-le ! " s'écria une voix haineuse. Il se redressa et fut frappé une première fois. blessé et vacillant, il fit quelques pas. Une seconde rafale, mortelle, l'atteignit dans le dos.
04-03 bienheureux Wladislas Mackrowiak
Prêtre et martyr (1910-1942)
Le père Wladislas fait partie des cent huit martyrs de l'Église polonaise béatifiés en 1999 à Varsovie. Ce martyr de la persécution nazie avait été nommé curé à Ikazn, à la suite de son ordination sacerdotale, à Vilnius, en juin 1939. Lorsque les troupes du IIIe Reich envahirent la Pologne, il continua à exercer son ministère avec ferveur. Il n'en fallait pas davantage pour attirer sur lui la haine de la Gestapo. Arrêté, il fut condamné et fusillé le 4 mars 1942, à berezwecz, près de Glebokie, actuellement en biélorussie, dans le diocèse. Le jour de son exécution, il écrivit à son évêque : " Je vais faire l'ultime offrande de ma vie. Dans trois heures, je serai devant le Seigneur. Je suis heureux que Dieu m'ait choisi pour lui rendre témoignage par ma mort, et je l'invoque pour qu'il m'accorde grâce et force ". Ses dernières paroles furent : " Vive le Christ Roi ! ".
10-03 Saint Jean Ogilvie
Prêtre et martyr (1580-1615)
Fils d'un pasteur protestant écossais, Jean Ogilvie a parcouru très jeune la France, l'Allemagne et l'Italie, à la recherche de réponses à sa quête religieuse. Il rejoignit finalement l'Église catholique et étudia la théologie à Louvain, en belgique. Puis il demanda à entrer dans la Compagnie de Jésus, et il fut ordonné prêtre à Paris, à 33 ans. Après des missions en Autriche et en France, il débarqua en 1613 à Édimbourg, où il déploya un grand zèle apostolique. Mais il refusa de se soumettre à la suprématie royale en matière religieuse. Dénoncé comme prêtre catholique, il fut arrêté et jeté en prison. On lui offrit la vie et le bien-être contre une abjuration, mais il refusa. Pour un prêtre catholique, c'était le gibet. Ainsi, il remporta la palme du martyre, à 35 ans, le 10 mars 1615, à Glasgow, où il fut le premier martyr jésuite d'Écosse. L'Église fait aujourd'hui mémoire de Jean Ogilvie à Glasgow. Paul VI, qui l'a canonisé en 1976, a salué son " témoignage de dévouement au magistère de l'Église et de la foi dans la messe ".
22-03 bienheureux François Chartier
Prêtre et martyr († 1794)
Le 12 juillet 1790, une " Constitution " avait été votée par l'Assemblée constituante. À partir du 27 novembre, les clercs étaient contraints de prêter serment. C'en était fini de la liberté religieuse, la persécution s'ouvrait. Le 3 janvier 1791, sur deux-cent cinquante députés ecclésiastiques sommés d'obtempérer, cinq cent se soumirent, une dizaine se rétracta. Les curés ne jurèrent unanimement dans aucune région. Le 26 janvier, la Constituante déclarait démissionnaire les clercs " réfractaires " et mettait au vote la charge des curés et des évêques. Le 1er octobre 1791, l'Assemblée législative vota la déportation du clergé " non jureur ". Sous la Terreur, la volonté de déchristianiser la nation se traduisit par des massacres et des exécutions. François Chartier, prêtre à cette époque, avait refusé de prêter serment à la Constitution civile du clergé. Il fut condamné à mort et guillotiné à Angers. Il a été béatifié par Jean-Paul II, le 19 février 1984 parmi les quatre-vingt-dix-huit compagnons du père Guillaume Repin.
31-03 bienheureux Christophe Robinson
Prêtre et martyr († 1597)
Prêtre catholique anglais, à l'époque où cela suffisait pour être accusé de haute trahison, Christophe Robinson avait été le témoin du martyre d'un autre prêtre catholique, saint Jean boste, à Durham, en 1594, sous le règne d'Élisabeth Ire (1558-1603). Il en avait été fortifié et non pas abattu. Á son tour, il reçut la palme du martyre après avoir partagé le même supplice du gibet, pour le seul fait de son sacerdoce, à Carlisle, en 1597. Il a été béatifié en 1987 parmi les quatre-vingt-quatre compagnons du bienheureux Georges Haydock, martyrs d'Angleterre, d'Écosse et du pays de Galle entre 1584 et 1679.
12-04 David Uribe Velasco
Prêtre et martyr (1889-1927)
Ce prêtre mexicain était curé d'Iguala, près de Guer, dans le diocèse de Chilapa. La promulgation de la constitution anticléricale de 1917 fut le signal d'une persécution anticatholique, et la protestation des évêques provoqua une réaction violente du gouvernement. La persécution s'aggrava en 1926, le gouvernement créa une " Église schismatique " à sa botte, les évêques étrangers furent expulsés, les écoles privées et les œuvres de bienfaisance furent fermées. Les plus pauvres étaient frappés. Le père David fut arrêté et les soldats lui proposèrent la vie et un épiscopat dans l'Église schismatique de la République. Il répliqua qu'il ne manquait à son onction sacerdotale que l'onction du martyre. " Je déclare ne pas avoir commis les délits qui me sont imputés, proclama-t-il en prison. Je suis dans la main de Dieu et de la Vierge de Guadalupe. Je demande pardon à Dieu et je pardonne à mes ennemis. Je demande pardon à tous ceux que j'ai offensés. " Il fut exécuté d'une balle dans la nuque, près de la gare de San Jose de Vistahermosa, dans le diocèse de Cuervanaca, le 12 avril 1927.
06-05 bienheureux Casimir Gostynski
Prêtre et martyr (1884-1942)
Polonais du diocèse de Lublin, le bienheureux Casimir Gostynski fait partie des trois mille six-cent-quarante-six prêtre polonais déportés dans les camps de concentration nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Pédagogue hors pair, son influence sur la jeunesse attira sur lui l'attention de la Gestapo. C'est en tant que prêtre catholique qu'il fut arrêté le 11 janvier 1940, puis déporté au camp de concentration de Sachsenhausen, avant d'être expédie à Dachau. Là, toute protestation du pape Pie XII contre les exactions du IIIe Reich se payait par des mesures de rétorsion contre les milliers de prêtres catholiques déportés. Casimir Gostynski continuait d'exhorter ses compagnons de captivité. " Si le Christ a souffert, disait-il, nous devons nous aussi suivre son exemple et accueillir la souffrance. " Au bout de deux ans, la faim, et les travaux forcés l'avaient considérablement affaibli. Les tortures l'achevèrent. Il fut reconnu inapte au travail , ce qui signifiait la chambre à gaz avec le " transport des invalides ". C'était le 6 mai 1942.
08-05 bienheureux Ange de Masaccio
Prêtre et martyr († 1458)
Le bienheureux Ange de Masaccio se fit moine chez les ermites camaldule, au monastère de Santa Maria di Serra, dans la région italienne des Marches d'Ancône. Les camaldules ont été fondées par saint Romuald († 1027), à Camaldoli, en Toscane. C'est à Santa Maria que le bienheureux Ange devint prêtre. Il mourut assassiné par des hérétiques, pour avoir défendu la foi catholique authentique. Il était en particulier, un ardent défenseur de l'observance du dimanche.
16-05 bienheureux Vital Vladimir bajrak
Prêtre et martyr (1907-1946)
Dans le village de Hadynkivci, dans le district de Husjatyn, une grande croix rappelle le début de la mission du père Vital. Dans son village natal, à Svajkivci, une inscription perpétue son témoignage : " Chrétiens, priez pour l'âme du moine missionnaire Vital lbajrak qui, bien qu'innocent, a été torturé dans la prison de Drogobytch ". En juin 1941, il avait été appelé à remplacer le supérieur du monastère de la Sainte-Trinité de Drogobytch, le bienheureux Jakym Senkivskyj, assassiné à la fin de la première occupation bolchevique. La Seconde Guerre mondiale amena l'occupation nazie puis une nouvelle occupation communiste. Le père Vital fut arrêté le 17 septembre 1945 et condamné à huit ans de camp de travail. Il est mort en prison la veille de Pâques, le 6 mai 1946. Le père Vital, de rite byzantin ukrainien, était religieux profès de l'ordre basilien de Saint-Josaphat. Il a été officiellement réhabilité par l'Ukraine le 30 janvier 2001 et béatifié comme martyr, en juin 2001, par Jean-Paul II lors de son pèlerinage historique à Lvov.
03-06 bienheureux Ignace Choukrallah Maloyan
Évêque et martyr (1869-1915)
Cet Arménien né en Turquie partit étudier au Liban, au couvent de bzommar. En 1896, il fut ordonné prêtre sous le nom d'Ignace. En octobre 1911, il était élu archevêque de Mardine, sa ville natale. Lorsque la Première Guerre mondiale éclata, la Turquie alors alliée de l'Allemagne, fut le théâtre d'un véritable génocide qui se déchaîna contre la communauté arménienne. Des officiers turcs traînèrent Mgr Maloyan devant le tribunal ainsi que vingt-sept membres de la communauté. Face aux violences physiques et aux humiliations, l'évêque priait : " Seigneur, prend pitié, Seigneur, fortifie-moi ". À genoux, il pria le Seigneur d'accorder à chacun la force et le courage d'être dignes de la palme du martyre. Il mourut d'une balle dans la nuque le 3 juin 1915, à Chikhane.
06-06 Saint Bertrand
Évêque et martyr (vers. 1260-1305)
Né à Saint Genès, dans le sud-ouest de la France, près de Cahors, bertrand fut d'abord doyen du chapitre de l'église d'Angoulême. Maître en théologie et en droit pontifical de l'université de Toulouse, il exerça ensuite en Avignon la charge de juge, pendant dix-sept ans. Ses qualités lui valurent d'être appelé en Vénétie, à Aquilée, en tant que patriarche. Il s'y dépensa sans compter, convoquant plusieurs synodes diocésains et deux conciles provinciaux, à Udine et à Aquilée. Chaque jour, douze pauvres partageaient sa table et, quand vint la famine, il en prit une multitude à sa charge. Avide de paix et défenseur des droits de l'Église, il tomba victimes des rebelles, dans la plaine de Richinvelda ; alors qu'il revenait du concile de Padoue. C'est là qu'il mourut assassiné, le 6 juin 1350, nonagénaire.
09-06 bienheureux Joseph Imbert
Prêtre et martyr († 1794)
Joseph Imbert était un jésuite français, victime de la persécution qui a accompagné la Révolution française. Le pape Pie VI avait fait de lui son vicaire apostolique à Moulins. Il est du nombre des martyrs des pontons de Rochefort et des soixante-trois compagnons de Jean-baptiste Souzy, béatifiés par Jean-Paul II en 1995. La déportation des prêtres, à partir de 1794 a été un des épisodes noirs de la Révolution française. Parmi eux se trouvaient des prêtres âgés ou infirmes, des malades. Ils n'avaient pas été considérés comme dangereux et avaient pu séjourner sur le territoire de la République sans prêter serment à la Constitution civile du clergé, mais en groupes et sous la surveillance des municipalités. Ils croupirent à Rochefort sur trois navires au mouillage en attendant leur déportation vers la Guyane. Leurs bourreaux les abandonnèrent à la faim et à la soif, au scorbut, au typhus, aux bronchites, aux plaies, à la vermine, aux vexations. En dix semaines, deux cent cinquante quatre d'entre eux succombèrent. Joseph Imbert fut emporté par la maladie.
19-06 bienheureux Sébastien Newdigate, Humphrey Middlemore et Guillaume Exmew
Prêtres et martyrs († 1535)
Sébastien Newdigate, Humphrey Middlemore et Guillaume Exmew étaient prêtes et moines de la chartreuse de Londres. Pour cette raison, ils furent arrêtées au temps de la persécution du roi Henri VIII et jetés en prison. Henri VIII était monté sur le trône en 1509. En 1534, il avait fait voter par le Parlement l'Acte de suprématie, qui le déclarait chef de l'Église d'Angleterre. C'était sa réponse au pape Clément VII, qui avait déclaré son deuxième mariage invalide et l'avait excommunié. Sébastien Newdigate était originaire de Harfield, dans le Middlesex et avait fait ses études au collège du Christ, à Cambridge, tout comme Guillaume Exmew, qui était devenu vicaire de la chartreuse. Frères à la chartreuse, les trois moines refusèrent de concert de reconnaître la " suprématie " royale en matière religieuse, et leur fidélité à la foi de l'Église ne fut pas ébranlée par dix-sept jours de tortures. Frères dans le martyre, ils furent exécutés par pendaison à Tyburn, le 9 juin 1535.
20-06 bienheureux François Pacheco et ses Compagnons
Prêtre et martyrs (1566-1626)
Portugais, François Pacheco était originaire de Lima. Entré dans la Compagnie de Jésus, il avait tout d'abord été envoyé en mission, à Macao, en 1592, où il fut ordonné prêtre. Son apostolat de déployer à Macao et au Japon, avec des responsabilités de plus en plus importantes. Deux de ses compagnons étaient également jésuites, quatre des laïcs japonais et un chrétien de Corée. L'évangélisation du Japon avait commencé par la rencontre de saint François-Xavier († 1552) et de trois Japonais, à Malacca, en 1547. L'arrivée des franciscains renforça la mission, en 1593. Mais, en 1597, Nagasaki voyait mourir ses vingt-six premiers martyrs, Paul Miki et ses compagnons. En 1614, un décret interdisait l'expulsion des missionnaires. Les massacres commençaient. Le bienheureux martyr jésuite François Pacheco et ses compagnons ont été livrés aux flammes en haine de la foi au Japon, à Nagasaki.
28-06 bienheureux Séverin (Severijan) baranyk et Joachim (Jakym) Senkivskyj
Prêtres et martyrs († 1941)
Séverin baranyk était un prêtre ukrainien de rite gréco-catholique, et religieux profès de l'Ordre de Saint-Josaphat. Le père Joachim Senkivskyj appartenait à la même communauté monastique. Ils ont gagné la couronne du martyre au temps de la persécution communiste, particulièrement violente, contre les catholiques de rite oriental. Staline avait en effet décidé de la disparition de l'Église catholique de rite byzantino-ukrainien, fidèle à Rome, contraignant les fidèles à se rattacher à l'Église orthodoxe en confisquant leurs églises. Ils ont été béatifiés en Ukraine, à l'hippodrome de Lvov, par Jean-Paul II, le 27 juin 2001, au cours d'une messe en rite byzantino-ukrainien et avec les vingt-quatre compagnons de Mycola Carneckyj. C'était la première fois dans l'histoire des béatifications, que les circonstances permettaient à des Ukrainiens " uniates " de promouvoir eux-mêmes ces causes d'un bout à l'autre.
07-07 Saint Joseph-Marie Gambaro
Prêtre et martyr (1869-1900)
Bernardo Gambaro prit le nom de Joseph-Marie à son entrée au noviciat des franciscains de Novare, dans le nord de l'Italie, le 27 septembre 1886, à 17 ans. Dix ans plus tard, il fut envoyé en renfort de la mission chinoise. Sa charge pastorale consistait à former à l'étude et à la piété les futurs prêtres chinois. Puis il fut chargé de veiller sur les communautés chrétiennes du Yen-tchou, où il fut accueilli avec enthousiasme. Mgr Antonin Fantosati, avait pour lui estime et affection. Ils revenaient ensemble, en barque, de la visite des communautés éloignées de leur résidence habituelle à Heng-tchou-fu. A l'approche de la ville, ils furent rejoints par la nouvelle de la mort du père Cesidio Giacomantonio, brûlé vif, et de la destruction de l'église et l'orphelinat. Au moment de débarquer, la fragile embarcation fut violemment attaquée. Ils périrent sous les coups. Ils ont été canonisés ensemble en l'an 2000.
21-07 Saint Albéric Crescitelli
Prêtre et martyr (1863-1900)
Italien, originaire de la province de bénévent, Albéric Crescitelli entendit l'appel de Dieu au sacerdoce et il partit pour Rome. Il fut reçu au séminaire pontifical des Saints-Pierre-et-Paul. Ce séminaire fut par la suite agrégé par la volonté de Pie XI, à l'Institut des missions étrangères de Milan, ce qui donna l'Institut pontifical des missions étrangères, qui continue de donner à l'Eglise des missionnaires formés pour la Chine. La vocation d'Albéric était tracée : il serait missionnaire et il donnerait sa vie pour annoncer l'Évangile en Chine. Il prononça ses vœux perpétuels en 1884 et il fut ordonnée prêtre en 1887. L'année suivante il rejoignait la province chinoise du Shansi méridional, et c'est à Habzhong qu'il exerça son activité pastorale pendant douze ans, très attentif à étudier les mœurs chinoises. Envoyé à Ninkian, il y fut fait prisonnier pendant l'insurrection de la secte des Yihequan, ou boxers. Il fut torturé et subit plusieurs supplices avant d'être décapité, à Yanzibian, près de Yangpingguan. Il a été canonisé en 2000 parmi les cent vingt premiers saints chinois.
26-07 bienheureux Titus brandsma
Prêtre et martyr (1881-1942)
Le père brandsma avait été professeur de philosophie et de théologie mystique avant de devenir recteur de l'université catholique de Nimègue. Il avait été un pionnier de la presse catholique et du dialogue œcuménique. Un rapport de la Gestapo de berlin précisait : " le professeur brandsma est un ennemi de la cause nationale-socialiste. Il s'agit d'un homme très dangereux. " C'est pour son opposition ouverte et ferme à l'occupant nazi et à la persécution des juifs que ce prêtre et religieux carme hollandais fut placé sur une liste noire. Il fut déporté à Dachau (matricule 30492) et assassiné par une injection d'acide. Il était malade et sa vie fut jugée " sans valeur aucune ". Hitler avait fait déporter à Dachau de nombreux prêtres catholiques. C'était un moyen pour le Führer de faire pression sur le pape Pie XII. Il avait ainsi sous la main des victimes toutes désignées pour d'immédiates représailles dès que Rome haussait le ton, par exemple lors des messages du pape à Radio Vatican, immédiatement suivis d'un durcissement des conditions de vie à Dachau.
28-07 Saint Pierre Poveda Castroverde
Prêtre et martyr (1874-1936)
Pierre (Pedro), Poveda, a consacré sa vie à l'évangélisation par l'éducation et la culture, grâce à la participation active des laïcs. Andalou, originaire de la province de Jaén, Pierre Poveda est ordonné prêtre en 1897, et devient professeur au séminaire. Mais il découvre les populations vivants dans les grottes à Guadix, à la périphérie de la ville, dans une extrême pauvreté. Il y construit des écoles pour les enfants et des ateliers pour les adultes. Une expérience fondatrice. En 1906, nommé recteur du sanctuaire marial de Covadonga, dans les Asturies, il rédige des livres et des opuscules pour la catéchèse des pèlerins. En 1911, il crée des académies pour les étudiants et des centres pédagogiques. L'œuvre des académies thérésiennes le ramène à Jaén en 1913. Chanoine à la cathédrale, il enseigne au séminaire et à l'École normale. En 1914, il ouvre à Madrid la première résidence universitaire féminine d'Espagne. L'Institution thérésienne, regroupant des femmes laïques, est née de toutes ces expériences. Reconnue en 1917 comme association de fidèles, elle reçu l'approbation pontificale en 1924. Pierre Poveda a été fusillé par les milices républicaines dès les premiers jours de la guerre civile espagnole.
31-07 bienheureux Evrard Hanse
Prêtre et martyr († 1581)
Evrard Hanse était originaire du Northamptonshire et d'une famille protestante. Il partit étudier la théologie à Cambridge et devint pasteur. C'est au cœur de la persécution contre les catholiques qu'il découvrit la foi romaine et, courageusement, il partit étudier une nouvelle fois la théologie, sur le continent, à Reims. Il fut ordonné prêtre en 1581. Comme l'Acte de suprématie du roi Henri VIII avait banni les prêtres catholiques du sol anglais, il rejoignit la mission anglaise dans la clandestinité. La persécution déchaînée par la reine Élisabeth Ire (1558-1603) moissonnait ses victimes. Evrard Hanse ne renia jamais la foi catholique, qu'il avait embrassée librement. Au contraire, il consacra son bref apostolat clandestin à la faire connaître dans sa vérité à ses concitoyens. Découvert, il fut arrêté et jeté en prison. Puis, sommairement jugé, il fut exécuté le 31 juillet 1581 à Tyburn. Son crime : il était prêtre catholique. En mourant, il s'exclama : " Quel bonheur ! ". Il a été béatifié en tant que martyr en 1886.
11-08 bienheureux Jean-Georges Rhem
Prêtre et martyr († 1794)
Le père Jean-Georges Rhem était dominicain à une époque où l'habit religieux était d'emblée suspect de cacher un ennemi de la jeune République française. Comme des milliers de prêtres français, il refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé, qui aurait détaché l'Église de France du successeur de Pierre. Il fut pour cela arrêté, jeté en prison et désigné comme candidat à la déportation. Selon un décret du 13 avril 1793, les prêtres devaient être déportés - en Guyane - ou abandonnés sur " la côte d'Afrique ". La prison de Rochefort ne suffisait plus à contenir les arrivants. Jean-Georges Rhem alla grossir les rangs des prêtres dits " réfractaires " entassés sur des navires au mouillage des pontons de Rochefort. Ils avaient été dépouillés de tout et vivaient dans des conditions insalubres, sans aération, ni lumière, ni hygiène. L'eau potable manquait, la nourriture était exécrable, la vermine pullulait. Ils étaient exposés à des vexations continuelles, mais ils continuaient à prier. Le père Jean-Georges Rhem encouragea l'espérance de ses compagnons jusqu'au moment où il fut lui-même atteint par le typhus et mourut pour l'amour du Christ.
13-08 bienheureux Florian Stepniak
Prêtre et martyr (1912-1942)
Polonais, Florian Stepniak avait entendu l'appel de Dieu et il avait trouvé sa vocation auprès des frères mineurs capucins, chez qui il était entré en 1931, à l'âge de 19 ans. Au couvent de Lublin, il était reconnu comme un religieux d'une foi et d'une bonté remarquables. Puis ce fut l'invasion de la Pologne par les troupes hitlériennes et l'occupation. La gestapo ratissait les villes, et déportait les prêtres polonais les plus zélés vers Dachau. Hitler ordonnait des mesures de rétorsion à chaque intervention de l'Église contre le régime. Les religieux étaient livrés aux expériences criminelles de soi-disant médecins, et, parfois, la gestapo les inscrivait directement sur la liste des personnes à fusiller. Florian Stepniak fut arrêté le 25 janvier 1940 et déporté à Dachau. Des témoins attestent que, dans les moments d'incertitude et de danger de mort, il relevait le moral de ses compagnons de captivité. Ils l'appelaient le " père spirituel " du bloc des condamnés à mort, et l'avaient surnommé " le soleil du camp ". Plus de deux ans de mauvais traitements, l'avaient terriblement affaibli. Le 12 août 1942, il fut désigné pour un " convoi d'invalides ", c'est-à-dire pour la chambre à gaz.
16-08 bienheureux Jean de Sainte-Marthe
Prêtre et martyr (1578-1616)
Espagnol, originaire de Prados, près de Tarragone, Jean est ordonné prêtre en 1606 chez les franciscains, et rejoint la mission du Japon. Il sera réputé pour sa parfaite maîtrise de la langue. Mais la persécution va le frapper. Le 27 janvier 1614 en effet, un décret interdit la pratique du christianisme et les missionnaires doivent être expulsés du Japon. Plus de trois mille chrétiens périssent alors dans les supplices, et presque neuf cents succombent en prison ou des suites de leur emprisonnement. Le frère Jean de Sainte-Marthe est arrêté, jeté en prison, puis condamné à mort et décapité. Tandis qu'on le conduit à la mort, il continue d'annoncer au peuple la bonne Nouvelle du salut dans le Christ. Au moment du supplice, dans la plus pure tradition franciscaine, il chantait le psaume 116 : " Louez le Seigneur, tous les peuples. " Laudate Dominum, omnes gentes ! " Au Japon, à Kyoto, l'Église fait aujourd'hui mémoire du bienheureux Jean de Sainte-Marthe, prêtre de l' Ordre des Frères mineurs.
19-08 Saint Timothée de Gaza
Évêque et martyr († 304)
Officier dalmate proclamé l'empereur en 284. Dioclétien établit dans l'Empire romain un système de gouvernement décentralisé dans lequel quatre empereurs, se répartissaient les tâches de façon territoriale. C'était la tétrarchie. En 293, l'empire était ainsi gouverné par deux " augustes ", Dioclétien (284-305) en Orient et Maximien en Occident. Ils étaient secondés par deux " césars ", Galère et Constance Chlore. Ce fut une défense efficace de l'empire contre les envahisseurs extérieurs. A l'intérieur, Dioclétien décida de lutter, à partir de 302, contre la diffusion du christianisme. La décentralisation rendit la persécution plus facile, plus violente, surtout en Orient. Le ministère de l'évêque était par conséquent une charge dangereuse. Or, Timothée était évêque de Gaza, en Terre Sainte. Arrêté sur ordre du préfet Urbain, il fut d'abord soumis à de cruelles tortures. Puis il fut brûlé vif lentement. Fidèle à l'amour du Christ au prix de sa vie, Timothée reçut ainsi la couronne des martyrs.
21-08 bienheureux Joseph Dang Dinh Nien Viên
Prêtre et martyr (1786-1838)
Joseph Dang Dinh Nien Viên était prêtre catholique. C'est au temps de la persécution du roi Minh Mang qu'il a rendu au Christ le témoignage suprême par le don de sa vie. Le roi du Tonkin, Minh Mang (1820-1841), avait publié ce décret le 6 janvier 1833 : " Nous ordonnons, à tous ceux qui suivent cette religion [catholique], depuis le mandarin jusqu'au dernier du peuple, de l'abandonner sincèrement s'ils reconnaissent et redoutent notre puissance. Nous voulons que les mandarins examinent avec soin si les chrétiens qui se trouvent sur leur territoire se préparent à obéir à nos ordres et qu'ils les contraignent à fouler la croix aux pieds en leur présence ; après quoi ils leur feront grâce cette fois. Quant aux maisons de culte et aux habitations des prêtes, ils devront veiller à ce qu'elles soient entièrement rasées, et, si dorénavant quelqu'un de nos sujets est reconnu coupable de confesser ces doctrines abominables, il sera puni avec la dernière rigueur, afin de détruire à sa racine la religion perverse ". La persécution se fit plus violente en 1836. Deux ans plus tard, le ministère du père Joseph s'achevait sur cette terre. Il eut la tête tranchée à Hung Yên, à l'âge de 52 ans.
22-08 Saint Jean Wall
Prêtre et martyr (1620-1679)
Anglais, Jean Wall a répondu à l'appel du Christ au sacerdoce. Il partit étudier en France et à Rome, puis il entra chez les franciscains et prit le nom de frère Joachim de Sainte-Anne. Il rejoignit la mission anglaise, où il risqua sa vie pendant vingt ans, administrant les sacrements aux fidèles catholiques. Deux ans avant son arrestation, il prit contact avec Claude La Colombière (1641-1682), jésuite français connu pour avoir été le conseiller spirituel de sainte Marguerite-Marie Alacoque, la visitandine de Paray-le-Monial, favorisée par les révélations du cœur du Christ. Jean Wall disait chercher auprès de Claude " la force et le conseil du cœur de Jésus ". En 1676, Claude La Colombière était devenu aumônier de la duchesse d'York. Il allait être lui-même arrêté et expulsé. Jean Wall fut arrêté, puis pendu et lacéré. Il reçut la couronne du martyre sous le règne du roi Charles II.
23-08 bienheureux Costantino Carbonell Sempere
Prêtre et martyr (1866-1936)
Costantino Carnonell Sempere fait partie de douze Jésuites espagnols martyrs de la persécution anticatholique à l'époque de la guerre civile, béatifiés en 2001 parmi les deux centre trente-deux compagnons de José Aparicio Sanz. Il était natif de la province d'Alicante, en Andalousie. A l'âge de 20 ans, il entra au noviciat des jésuites en Aragon puis il fit ses études de lettres, de philosophie et de théologie. Le XXe siècle commençait lorsqu'il fut ordonné prêtre, en 1901. Il prononça ses vœux religieux perpétuels il y a un siècle, le 2 février 1903. Il exerça différents ministères à Gandie, barcelone, Roquetas et Alicante avant d'être rappelé à Gandie. C'est là qu'il arrêté le 26 jullet 1936. Durement maltraité par les miliciens, il fut assassiné avec deux autres jésuites, les pères Gelabert et Grimaldos, le 23 août, près de Tabernes.
25-08 bienheureux Maximilien binkiewicz
Prêtre et martyr (1908-1942)
Maximilien binkiewicz était un prêtre polonais du diocèse de Czestochowa où se trouve le fameux sanctuaire marial. Il exerçait son ministère comme préfet du lycée épiscopal de Wielun. bourreau de travail, homme spirituel s'il en est, et dévoué à l'Église, il avait aussi une culture scientifique. En 1939 survint l'invasion de la Pologne par les troupes hitlériennes . La personnalité hors du commun et l'activité pastorale de Maximilien le désignaient comme un homme dangereux pour l'occupant nazi. Il fut arrêté le 6 octobre 1941, puis déporté au camp de concentration de Dachau. Il y resta moins d'un an. Il mourut, le 24 août 1942, des suites des sévices infligées. " C'était un véritable homme de Dieu, témoigne un survivant. J'admirais son esprit de prière. Il était toujours recueilli, mettait chaque instant à profit pour prier. Sur son lit, il était battu sauvagement et était l'objet de toutes sortes de vexations. Mais il priait, et, avant de m'endormir, je l'entendais encore murmurer des prières ".
28-08 bienheureux Jacques Claxton
Prêtre et martyr († 1588)
Natif du Yorkshire, Jacques Claxton partit étudier la théologie en France, à Reims, et fit ordonné prêtre en 1582. Il revint ensuite exercer son ministère sur le sol anglais, pourtant interdit aux prêtres catholiques depuis l'Acte de suprématie du roi Henri VIII, en 1534, qui proclamait le roi d'Angleterre chef d'une Église nationale, indépendante de Rome. Découvert, Jacques Claxton fut arrêté, jeté en prison et condamné à mort. C'est ainsi qu'il fut pendu à Isleworth, en tant que prêtre catholique, le 28 août 1588. Il a été béatifié en 1929.
28-08 bienheureux Robert Morton
Prêtre et martyr († 1588)
Anglais, né à bawry, dans le Yorkshire, Robert Morton partit se préparer au sacerdoce à Reims, puis à Rome où il reçut l'ordination sacerdotale en 1587. Revenu à la mission anglaise, il n'eut qu'un an d'apostolat clandestin. Il fut arrêté, emprisonné et condamné sans autre forme de procès à être pendu, le 28 août 1588, parce qu'il était prêtre catholique, sous le règne sanglant de la reine Élisabeth Ier. Il a été béatifié en 1929.
05-09 bienheureux Florent Dumontet de Cardaillac
Prêtre et martyr († 1794)
Le bienheureux père Florent était vicaire général de son diocèse. Il fut condamné à la déportation par les révolutionnaires français parce qu'il était prêtre catholique. Il rejoignit les convois qui aboutirent aux épouvantables pontons de Rochefort, où des navires à l'ancre servaient de geôle à des centaines de prêtres et de religieux dans des conditions sordides : la vermine pullulait, les espaces étaient sans air, la nourriture ignoble, l'eau potable insuffisante, les équipages sans foi ni loi. Les prisonniers y étaient fouillés, dépouillés de tout et frappés. Malgré l'interdiction et les violences, ils continuaient, de réciter les prières de la messe, de dire le bénédicité, de faire le signe de la croix avant leurs dérisoires repas, et de prier pour leur pays. Le père Florent a été béatifié en 1995 parmi les soixante-trois compagnons de Jean-baptiste Souzy, dont cinquante-neuf prêtres, morts martyrs entre 1794 et 1795. Il a laissé le souvenir de sa charité auprès de ses compagnons malades. Lui-même succomba à la maladie et reçut ainsi la couronne du martyre.
06-09 Saint Donatien et ses Compagnons
Martyrs (Ve s.)
Cinq évêques d'Afrique, Donatien, Préside, Mansuet, Germain et Fuscule, eurent à subir la persécution du roi des Vandales, Hun Éric, qui était partisan de l'hérésie arienne. En effet, ils témoignèrent jusqu'au sang de leur fidélité à l'intégrité de la foi catholique qui affirme l'égale divinité des trois personnes de la Sainte Trinité. Victor de Vito les mentionne dans son histoire de la persécution vandale. D'abord fouettés, ils furent ensuite déportés. Puis, rejoints par Létus, évêque de Nefta, ils périrent dans leur prison incendié.
10-09 bienheureux Sébastien Kimura, François Morales
et cinquante Compagnons

Martyrs († 1622)
L'Église fait aujourd'hui mémoire du " grand martyre " du Japon. Sébastien Kimura était un jésuite japonais et François Morales un dominicain espagnol. C'est à Nagasaki, à l'endroit même où saint Paul Mikki et ses compagnons avaient été suppliciés en 1597, qu'ils furent mis à mort pour leur foi dans le Christ vivant, en 1622, avec leurs cinquante compagnons, prêtres, religieux, époux, catéchistes, veuves et enfants de 3 à 12 ans, tant laïcs que missionnaires, européens et japonais. Sébastien Kimura était le petit-fils du premier baptisé japonais qui avait pris le nom de saint François Xavier qui était devenu saint lui-même. Sébastien avait rejoint les jésuites à 18 ans et avait d'abord travaillé comme catéchiste à Macao. Il fut le premier prêtre japonais. C'est après deux ans d'emprisonnement à Omura qu'il subit le supplice du feu. Dominicain de Madrid, François Morales avait travaillé pendant vingt ans à la mission japonaise de Satzuma, puis à Fuximi et à Nagasaki, où il reçut la couronne du martyre.
23-09 bienheureux Joseph Stanek
Prêtre et martyr (1916-1944)
Joseph Stanek, polonais, était prêtre dans la Société de l'apostolat catholique, dite encore des pallotins. Il continua son apostolat avec un zèle fervent pour les âmes, à Varsovie, même après l'invasion de la Pologne par les troupes nazies en septembre 1939. Lors de l'insurrection de Varsovie, il devint aumônier des insurgés à Czerniakow. Lorsque le danger fut plus pressant, on lui proposa de se sauver en passant le fleuve sur un ponton. Mais il ne voulut pas saisir l'occasion, estimant de son devoir de prêtre de se rendre utile aux combattants, aux insurgés, aux blessés et aux mourants. Il fut pris par les militants nazis et pendu, à Varsovie, le 23 septembre 1944.
25-09 Saint Firmin
Évêque et martyr (IVe s.)
Natif de Pampelune, en Navarre espagnole, Firmin aurait été le premier évêque de la ville d'Amiens. Il est honoré comme martyr.
01-10 bienheureux Antoni Rewera
Prêtre et martyr (1861-1942)
Le Père Antoni Rewera était professeur au séminaire de Sandomierz, en Pologne. Il fonda la congrégation des filles de Saint-François-le-Séraphique. Les troupes du IIIe Reich envahirent la Pologne le Ier septembre 1939. La Gestapo fit régner la terreur, mais la peur n'eut pas de prise sur le père Antoni Rewera. Son zèle apostolique et son influence sur les fidèles étaient, pour l'occupant, un acte de résistance. Il fut arrêté le 16 mars 1942, jeté en prison et déporté au camp de concentration de Dachau. Les épreuves insoutenables du camp n'eurent pas davantage raison de son courage. Dans les humiliations et les souffrances, il savait découvrir une source de salut. Un témoin se souvient : " Pour nous tous, il fut un exemple, tandis que, pour nos bourreaux, il n'eut que des paroles de pardon ". Les mauvais traitements minèrent sa santé. Il s'éteignit le 1er octobre 1942 à Dachau. Jean-Paul II l'a déclaré martyr et l'a béatifié à Varsovie, en 1999.
03-10 bienheureux Crescenzio Garcia Pobo
Prêtre et martyr (1903-1936)
À la mort de son père, Crescenzio Garcia Pobo devint interne au collège Saint-Nicolas-de-bari, à Teruel, dirigé par les tertiaires capucins. C'est là qu'il entendit l'appel intérieur de la vie religieuse. Il fit profession le 15 septembre 1921, en la fête de Notre-Dame des Douleurs, chez les tertiaires capucins appelés " amigoniens ", du nom de leur fondateur, Louis Amigo, qui lui conféra l'ordination sacerdotale en 1928, à Valence. Son ministère sacerdotale s'exerça au service de la jeunesse en difficulté, dans les maisons de correction. En 1936, au début de juillet, Crescenzio revint à Madrid, où il fut surprit par la guerre civile. La pension de madame Pilar Torres lui offrit un refuge, comme soi-disant étudiant en médecine. Le 2 août, la police opéra des contrôles. N'ayant pas de papiers, il fut arrête sur-le-champ, et incarcéré à la prison de Ventas. Le 13 août, un ordre de la police secrète d'État ordonna que certains prisonniers fussent livrés à ses agents. Le père Crescenzio était sur la liste, tous furent assassinés.
10-10 bienheureux Édouard Detkens
Prêtre et martyr (1885-1942)
Le père Édouard Detkens était prêtre du diocèse de Varsovie. Il avait été nommé responsable de la pastorale des centres académiques de la capitale polonaise et recteur de l'église Sainte-Anne, celle des étudiants. Il avait un ascendant certain sur les universitaires, et sa position le désignait à la vindicte de l'occupant nazi qui cherchait à écraser toute résistance spirituelle et culturelle. Arrêté une première fois dès le début de l'occupation nazie, le 4 octobre 1939, il fut relâché. En mars 1940, il fut de nouveau arrêté et, cette fois, il fut déporté au camp de concentration de Dachau. Les mauvais traitements minèrent sa santé et, le 10 octobre 1942, il fut emmené par le " transport des invalides ", destiné à la chambre à gaz. Sur le chemin de la mort, il récitait à voix haute le cantique de Syméon, que l'Église chante aux complies : Nunc dimittis servum tuum… Puis il fit cette prière : " Par ta passion ô Christ, aide-moi à surmonter le supplice de la chambre à gaz ". Il fait partie des cent huit martyrs du nazisme béatifiés par Jean-Paul II à Varsovie en 1999.
14-10 bienheureux Stanislas Mysakowski
Prêtre et martyr († 1942)
Prêtre polonais du diocèse de Lublin, Stanislas Mysakowski était catéchiste et dévoué aux œuvres de miséricorde envers les pauvres, les personnes âgées ou handicapées. Son apostolat fut brusquement interrompu quelques semaines après l'entrée des troupes hitlériennes en Pologne. Le 17 novembre 1939, il fut arrêté, comme des centaines d'autres prêtres catholiques, seulement en raison de son sacerdoce. Le 27 novembre, sans autre forme de procès, il fut condamné à mort et déporté tout d'abord au camp de concentration de Sachsenhausen, puis à Dachau . Le 14 octobre 1942, à bout de forces, il fut désigné pour un de ces fameux " transports des invalides ", qui signifiaient la mort dans la chambre à gaz. " C'était l'un des rares prisonniers du camp à sauver les captifs de l'avilissement et de la déshumanisation, par sa seule force spirituelle ", témoigne un survivant.
16-10 bienheureux Jozef Jankowski
Prêtre et martyr (1910-1941)
Le père Jozef Jankowski était un prêtre polonais d'une profonde spiritualité, religieux profès de la Société de l'apostolat catholique. Son dévouement pastoral était connu de tous. La formation des novices de sa communauté lui avait été confiée. Puis, ce fut l'invasion de la Pologne. Son zèle inquiéta la Gestapo et, le 16 mai 1941, le père Jozef Jankowski fut arrêté et déporté au camp de concentration d'Auschwitz, pour seul motif qu'il était prêtre catholique. " Par son attitude face aux tortures, il était comme un saint ", affirme un témoin de ces heures tragiques. Le 16 octobre 1941, il fut finalement assassiné par les gardes du camp.
23-10 bienheureux Léonard Olivera buera
Prêtre et martyr (1889-1936)
Léonard Olivera buera est né près de Huesca, à Campo, et a été ordonné prêtre en 1916. Il était curé à Movera en Puente Gallego, aux environs de Saragosse. Il fut appelé à barcelone comme aumônier de la communauté des frères du collège de la bonanova et comme directeur spirituel des jeunes. Puis il fut aumônier du collège Notre-Dame-de-la-bonova, à El Saler, près de Valence. Le 9 juillet1936, le collège fut assailli par les militaires républicains. Le père Léonard se trouvait dans sa chambre. Il ouvrit. A la vue de la soutane, l'un deux fit feu immédiatement, le blessant au bras. On le transporta à l'hôpital pour le soigner pendant quelques jours. A sa sortie, l'une de ses sœurs l'accueillit chez elle à Valence. Le 22 septembre, sa cachette fut découverte. Les miliciens vinrent l'arrêter pour le conduire, sans autre forme de procès, au lieu de son exécution, El Saler, le 23 octobre. Il avait 47 ans.
27-10 Saint Thrasée
Évêque et martyr († v.170)
Thrasée était évêque d'Euménie, en Phrygie, en Asie Mineure, à l'époque où l'intégrité de la foi chrétienne était menacée par l'hérésie des montanistes. Montant vécut en effet au IIe siècle en Phrygie. Sa doctrine hérétique affirmait entre autres la supériorité du " prophétisme " sur la " doctrine " de l'Église, et enseignait la recherche du martyre. Thrasée défendit si bien la vérité défendit si bien la vérité évangélique qu'il fut mis à mort à Smyrne, et reçut ainsi la couronne du martyre, sans l'avoir recherchée.
30-10 Saint José-Raymond Ruiz bruixola
Prêtre et martyr (1857-1936)
José-Raymond est ordonné prêtre en 1882. Vicaire puis curé à Cuart de Poblet, il fut ensuite rattaché aux paroisses Saint-Nicolas et Saint-Pierre-Martyr à Valence. À partir de 1911, économe de la paroisse Sainte Catherine et Saint Augustin, il tient les cordons de la bourse, on l'appelle le " père des pauvres ". La même mission d'économe lui est confiée à Saint Etienne Martyr. Grâce aux bienfaiteurs, il construit une Église, une maison des travailleurs, une " école du Christ ", pour les prêtres et les fidèles laïcs désirant intensifier leur vie chrétienne. A partir de 1922, à Saint-Nicolas, la catéchèse est son apostolat de prédilection. Il y fonde l'Action catholique, visite les malades et aide les pauvres. Il prêche trois fois le dimanche et programme sur une année la visite des familles de la paroisse. Lorsque la guerre civile éclate, les milices républicaines viennent l'arrêter et, le 29 octobre 1936, il est exécuté à Gilet.
03-11 bienheureux Théodore Romha
Évêque et martyr (1911-1947)
Né à Velikij byckiv, en Transcarpatie, Théodore poursuivit ses études de philosophie et de théologie à l'université grégorienne de Rome. À Noël 1936, il était prêtre. On lui confia la charge pastorale de villages de montagne. A l'automne 1939, l'école supérieure de théologie d'Oujhorod l'accueillit comme directeur spirituel et professeur de philosophie. Il reçut l'ordination épiscopale le 24 septembre 1944. Or, l'Église catholique devait être " supprimée " par ordre de Staline. Les catholiques de rite oriental ukrainien-byzantin devaient rejoindre l'Église orthodoxe russe. L'évêque refusa de renier l'union avec le Successeur de Pierre et prépara clercs et fidèles à la résistance. Arrestations et remise par la force des églises aux orthodoxes s'ensuivirent Mgr Théodore Romzha n'en organisa pas moins le pèlerinage de l'Assomption, où plus de quatre-vingt mille pèlerins répondirent à l'appel, ce fut sa condamnation à mort. Victime d'un prétendu " accident " de voiture, il fut hospitalisé à Mukacev. Il se remettait, lorsque le 1er novembre 1947, le général de la police d'État le fit empoisonner. Il avait 36 ans.
05-11 bienheureux Grégoire Lakota
Évêque et martyr (1883-1950)
Né dans une famille de paysans, Grégoire Lakota, étudiant en théologie à Lvov, fut ordonné prêtre en 1908. Après don doctorat obtenu à Vienne, il devint professeur au séminaire de Przemysl, puis recteur. En 1926, Pie XI le nomma évêque auxiliaire de l'éparchie de rite byzantin. Entre 1939 et 1941, bolcheviques et nazis se partagèrent l'Ukraine et l'éparchie fut divisée. Mgr Lakota eut la charge des fidèles sous occupation nazie, son siège était à Jaroslav. Après la guerre, Staline ordonna, en mars 1946, la suppression de l'Église catholique ukrainienne de rite oriental et son intégration dans l'Église orthodoxe russe. Des milliers de fidèles, de prêtres, de religieux et d'évêques furent expédiés dans les camps de travail en Sibérie. Arrêté le 9 juin 1946, Mgr Lakota fut déporté à Vorkouta. Il mourut le 5 novembre 1950 au camp d'Abez, où il était hospitalisé, à bout de force. Un détenu du goulag a évoqué en poète la mort de l'évêque Grégoire et des compagnons ukrainiens : " les cloches de Przemysl n'ont pas sonné, mais de la taïga, le vent violent ; à leurs funérailles, point de parents, des étrangers seulement ; sacrifice offert pour la foi dans le Christ, leur foi gréco-catholique. "
10-11 bienheureux George Napper
Prêtre et martyr († v. 1610)
Né à Hollywell Manor, près d'Oxford, George Napper reçut son éducation au collège du Corps du Christ, dans la prestigieuse université d'Oxford. Pour répondre à l'appel intérieur du sacerdoce, il partit étudier la théologie catholique sur le continent, en France, au collège de Douai, alors que les prêtres catholiques étaient bannis du sol anglais sous peine de mort. Dès qu'il fut ordonné prêtre, en 1596, il rejoignit la mission anglaise dans la clandestinité, annonçant l'Évangile et donnant le sacrement aux fidèles dans l'Oxfordshire. Découvert, il fut arrêté et jeté en prison. Dans la clandestinité ou en prison, le père George Napper manifesta le même zèle à rendre témoignage au Christ et à l'Évangile. C'est sous le roi d'Angleterre Jacques Ier qu'il rendit le témoignage suprême du martyre. Il fut condamné à mort parce qu'il était prêtre catholique et c'est à Oxford qu'il fut exécuté. Il a été béatifié en 1929.
12-11 Saint Margarito Flores Garcia
Prêtre et martyr (1889-1927)
Une constitution anticléricale et anticatholique fut promulguée au Mexique en 1917, par le président Venustiano Carranza, ce qui déclencha une période de violente persécution. Les protestations des évêques ne firent qu'endurcir les positions du gouvernement. A partir de 1926, sous la présidence de Plutarco Elias Calles, la persécution s'accrut, avec l'expulsion des prêtres étrangers, la fermeture des écoles privées et d'œuvres de bienfaisance. Le père Margarito Flores Garcia, né dans le diocèse de Chilapa, fut ordonné prêtre alors que la persécution avait déjà commencé. Pendant trois ans, il exerça avec zèle, mais dans une semi-clandestinité, son ministère comme curé d'Atenango del Rio. Mais il fut découvert, identifié comme prêtre catholique, et jeté en prison à Tuliman. L'ordre arriva, il devait être fusillé. Il demanda alors de pouvoir prier, s'agenouilla quelques secondes, embrassa le sol, et se remit debout, attendant la salve qui l'atteignit en pleine tête. C'était le 12 novembre 1927. Il avait 28 ans.
14-11 Saint Etienne-Théodore Cuenot
Évêque et martyr (1802-1861)
Né au bélieu, dans le Doubs, Etienne-Théodore Cuenot fréquenta les séminaires d'Ornans, de Luxeuil et de besançon, avant d'être ordonné prêtre en 1825 à Aix-en-Provence. Cet aîné d'une famille nombreuse se montra toute sa vie d'une audace réfléchie et persévérante. Deux ans plus tard, il entra dans la société des Missions Étrangères de Paris pour répondre à l'appel missionnaire. Envoyé à Macao dès 1828, puis en Cochinchine, il se réfugia au Siam durant la persécution de 1833. En 1835, nommé évêque, il rentra en Cochinchine où il exerça sa charge durant vingt-cinq ans. Pour édifier des centres de formation pour le clergé autochtone, il achetait des terres en friche. C'est alors que Tu Duc, l'empereur d'Annam, au cœur de l'actuel Viêt-Nam, déclencha une violente persécution. L'évêque fut arrêté et enfermé dans une cage. Il mourut d'épuisement le 14 novembre 1861. Le pape Pie X le béatifia en 1909 en reconnaissant son martyre.
05-12 Saint Jean Almond
Prêtre et martyr († 1622)
Jean Almond est né à Allerton, près de Liverpool, en Angleterre. Pour répondre à l'appel de Dieu à servir l'Évangile dans le ministère sacerdotal, il partit étudier à Much Woolton, puis sur le continent, à Reims, et près du tombeau des Apôtres Pierre et Paul, à Rome. Ordonné prêtre en 1598, il rejoignit la mission anglaise dans la clandestinité dès 1602, alors que les prêtres catholiques étaient bannis du sol anglais, sous peine de mort. Il se dévoua au soin pastoral des âmes, apportant les sacrements aux fidèles catholiques. Découvert, il fut arrêté et jeté en prison, puis condamné à la peine capitale. Il subit le martyre à Tyburn, sous le roi Jacques Ier, parce qu'il était prêtre. Il a été béatifié en 1929, et il fait partie des quarante martyrs d'Angleterre et du pays de Galles canonisés par le pape Paul VI en 1970.
09-12 bienheureux Liborius Wagner
Prêtre et martyr (1593-1631)
À 28 ans, Liborius Wagner décida de quitter sa famille, luthérienne pratiquante, et Mühlhausen, en Saxe, pour " chercher la vérité sur la religion ". Un an plus tard, il embrassa la foi catholique et décida de se préparer au sacerdoce. Ordonné en 1625, il fut nommé curé d'Altenmünster, en Allemagne, et il se dévoua à la sanctification et à la conversion des habitants, en grande partie protestants, défendant aussi leurs biens matériels. Lors de l'invasion du roi de Suède, qui voulut imposer la réforme protestante, le père Liborius fut trahi par des fanatiques luthériens, et il fut arrêté et torturé pendant cinq jours. Il répondit invariablement à toutes les propositions d'apostasie : " Je vis, je souffre, et je meurs comme catholique fidèle au pape ". Il fut alors crucifié devant un feu et mourut à l'âge de 38 ans. Il a laissé le souvenir de son exquise charité.
10-12 Saints Jean Roberts et Thomas Somers
Prêtres et martyrs († 1610)
Originaire du pays de Galles et converti au catholicisme par un Anglais lors d'un voyage en France, Jean Roberts devint bénédictin. Il fut arrêté alors qu'il venait réconforter ses compatriotes persécutés. Parce qu'il se déclarait " prêtre de Jésus-Christ ", il fut condamné à mort sous le règne du roi Jacques Ier. Jusqu'à son exécution, à Londres, il se montra calme et plein d'humour. Il avait 34 ans. Thomas Somers alias Wilson, est né à Skelsmergh, dans le Westmorland anglais. Il était professeur lorsqu'il entendit l'appel de Dieu et il décida de partir se préparer au sacerdoce sur le continent, à Douai, où il fut ordonné prêtre. Il avait rejoint la mission anglaise dans la clandestinité, à Londres même, lorsqu'il fut arrêté. Il partagea le sort de Jean Roberts. Ils ont été béatifiés en tant que martyrs en 1929 et canonisés en 1970.