Foi et Contemplation

Jeanne Jugan

Jeanne Jugan

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Jeanne Jugan,
Fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres

12. De la mort à la vie
(1879)

Dans les dernières années de sa vie, Jeanne parlait assez souvent de sa mort ; elle en parlait avec sérénité.

Un jour, elle dit à une jeune sœur qui était venue lui faire un brin de conversation : " Chantez-moi le refrain : Oh ! pourquoi sur la rive étrangère prolongerais-je mon séjour ? "

Elle disait parfois : " Je voudrais bien mourir... - Il ne faut pas mourir, lui répondait-on. - Si, je voudrais bien : pour aller voir le bon Dieu. "

Mais avant de partir, elle devait connaître une dernière joie. En novembre 1878, des démarches avaient été entreprises pour obtenir du pape l'approbation des constitutions (l'approbation de 1854 était seulement ad experimentum). Le 1er mars 1879, Léon XIII accorda la confirmation demandée.

Il y avait alors, quarante ans après les humbles commencements de Saint-Servan, 2400 Petites Sœurs.

Jeanne avait achevé son œuvre et sa longue mission de prière. Elle pouvait partir.

Un matin du mois d'août 1879, elle eut un malaise. On lui donna le sacrement des malades. Elle pria à mi-voix : " Ô Marie, vous savez que vous êtes ma mère, ne m'abandonnez pas !... Père éternel, ouvrez vos portes, aujourd'hui, à la plus misérable de vos petites filles, mais qui a si grande envie de vous voir !... " Puis, d'une voix plus faible : " Ô Marie ma bonne mère, venez à moi. Vous savez que je vous aime et que j'ai bien envie de vous voir !... " Puis elle s'éteignit doucement.

Les témoins ont noté l'immense paix qui émanait de son visage.

Elle avait achevé de se remettre, avec et parmi les pauvres, aux très douces mains de notre Père.

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