Foi et Contemplation

Sainte Gertrude

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Le Héraut de l'Amour Divin

LIVRE DEUXIÈME

Chapitre XV. - De la reconnaissance pour la grâce de Dieu.

1 - Votre grâce daigna éclairer mon entendement et me révéler plusieurs fois que l'âme, enfermée dans l'enveloppe de son corps, se trouve comme plongée dans un nuage, de la même façon qu'une personne, enfermée dans une petite chambre où s'échapperait de la vapeur, en serait enveloppée de toutes parts. Quand le corps éprouve une souffrance, l'âme reçoit de la partie souffrante comme une atmosphère toute pénétrée des rayons du soleil et qui lui communique une admirable clarté. Plus la souffrance est intense et universelle, plus l'âme reçoit de lumière purifiante

2 - Mais, entre toutes les autres souffrances, les douleurs et les épreuves du cœur, supportées avec patience et humilité, augmentent d'autant plus la pureté de l'âme qu'elles l'atteignent de plus près et plus profondément. Toutefois, la pratique de la charité lui donne encore plus d'éclat et de lumière.

3 - Grâces vous soient rendues, ô Ami des hommes, de ce que vous m'avez parfois amenée à pratiquer la patience au moyen de ces divines leçons  Mais hélas  et mille fois hélas  trop rares ont été mes réponses à vos avances, et trop souvent inférieures à ce que vous demandiez de moi  Vous savez, ô mon Dieu, à quel point cette pensée remplit mon esprit de douleur, de confusion et d'abattement, et avec quelle ardeur mon cœur désire que d'autres âmes vous dédommagent de ce que je ne puis vous donner.

4 - Une autre fois, comme je devais communier, et que pendant la messe vous vous étiez donné à moi avec plus de magnificence que jamais, je voulus chercher comment vous payer de retour. Ô le plus sage des maîtres  vous avez daigné alors me suggérer ces paroles de l'Apôtre : " Optabam ego ipso anathema esse pro fratribus meis (Rom., IX 3) : Je désirais être anathème pour mes frères ". Vous m'aviez enseigné auparavant que l'âme réside dans le cœur, et vous me découvriez maintenant qu'elle réside aussi dans la tête, notion que j'ai rencontrée depuis en divers écrits. Votre bonté m'apprenait que c'est une grande perfection d'abandonner les jouissances du cœur afin de s'appliquer au gouvernement de ses sens extérieurs, ou à la pratique des œuvres de charité pour le salut du prochain.

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