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Le cœur de Sainte Gertrude
un cœur selon le Cœur de Jésus
Un saint vieillard, à qui Gertrude manifestait tous les secrets de son âme, disait, en parlant d'elle : " Je n'ai rencontré personne qui fût, plus qu'elle, étranger à tout ce qui peut blesser la chasteté ou en obscurcir l'éclat. "
I
Gertrude voulait plaire au Cœur très innocent de Jésus : rien ne lui coûtait, pour conserver au lis de sa virginité toute sa blancheur et tout son parfum. Ceux qui la connurent le mieux ont attesté qu'elle n'arrêta jamais son regard sur le visage d'un homme ; au point qu'elle eût été incapable de reconnaître, aux traits du visage, ceux même qui la visitaient le plus fréquemment.
Elle aimait passionnément la lecture des Livres saints ; mais dès qu'elle y rencontrait une ligne, un mot, qui ne semblaient pas écrits pour elle, ses yeux s'en détournaient à l'instant.
Aux questions délicates que lui adressèrent souvent des âmes agitées par des tentations importunes, Gertrude répondit toujours avec sagesse et charité ; mais il était aisé de voir qu'elle eût mieux aimé être percée d'un coup de glaive, que d'ajouter un mot inutile à ces entretiens nécessaires.
II
Il est une pureté plus intime dont Gertrude se montrait jalouse, parce que Dieu en est jaloux : celle qui s'attache à détruire dans le cœur la trace des moindres fautes ; celle qui garde le cœur détaché de toute amitié naturelle, de toute propriété, de toute sollicitude inutile, et ne lui permet de chercher, de poursuivre, en toutes choses, que Dieu seul. Les traits suivants mettent en lumière cette pureté parfaite du Cœur de Gertrude :
Elle détestait, comme un poison mortel, toute amitié dont la charité ne lui semblait pas être le principe, ou que la charité n'inspirait pas assez. Une parole, un signe d'affection, lui devenait insupportable, quand elle y voyait mêlée quelque tendresse humaine. Plus que d'autres, elle était faite pour comprendre les douceurs de l'amitié, et ses tribulations continuelles lui en faisaient désirer, plus qu'à d'autres, les épanchements intimes ; mais elle aimait mieux renoncer à toute consolation semblable, que d'être l'objet d'une amitié naturelle, ou l'occasion d'une seule parole affectueuse, que la charité n'aurait pas ennoblie. Charitable envers tous, elle se gardait cependant d'adresser à personne des paroles trop tendres, ou de donner des marques d'affection trop vive, de peur d'éveiller dans les cœurs un sentiment d'amitié passionnée envers elle.
Encore moins Gertrude s'attachait elle à ces mille objets, que la cupidité poursuit, et dont la possession enchaîne le cœur par mille liens et arrête son élan vers Dieu. La fidèle épouse de Jésus ne voulait rien dans sa cellule qui ne lui fût indispensable. Dès qu'un objet cessait de lui être nécessaire, elle ne pouvait se résoudre à le retenir un jour de plus. Avec permission, elle le remettait à un autre, sans tenir compte pour cela des sympathies ou des aversions naturelles.
C'est dire le soin qu'elle avait de préserver son cœur du péché, et la sollicitude avec laquelle elle se purifiait des moindres taches : sa délicatesse de conscience s'alarmait de l'ombre du mal, et souvent Jésus dut consoler son épouse, en lui montrant comment ces fautes, dont elle gémissait, devenait pour Lui une occasion de joie.
Gertrude, scrutant son cœur pendant une nuit d'insomnie, se reprochait amèrement, comme une faute, l'habitude qu'elle avait contractée de dire ces deux mots : Deus scit, Dieu le sait ; et elle conjurait Notre-Seigneur de lui pardonner le passé et de la corriger pleinement pour l'avenir : " Eh ! quoi, lui répondit Jésus, tu veux donc me priver de la joie que je ressens, chaque fois que, retombant dans ce défaut, tu t'en humilies et te proposes de mieux faire ? Un roi n'est il pas satisfait quand il voit un de ses soldats occupé à lutter bravement contre les ennemis du royaume ? Telle est ma satisfaction ; et, d'ailleurs, tu accrois ainsi tes mérites. "
Mais en même temps que son amour la relevait, Jésus l'excitait, par une crainte salutaire, à nourrir dans son cœur cette répulsion que lui inspiraient ses moindres fautes :
Un jour que Gertrude récitait les Heures canoniales, elle entendit le démon réciter après elle, d'une voix précipitée, un verset de psaume, et ajouter : " C'est bien en pure perte que ton Créateur, ton Sauveur, ton Bien-Aimé t'a donné des organes si déliés, que tu peux à la fois, parler vite et bien articuler les paroles ; car dans un seul psaume tu as mal prononcé tant de mots, tant de syllabes, tant de lettres. " " Je compris, disait Gertrude, avec quelle rigueur le démon doit accuser, au tribunal de Dieu, ceux qui récitent précipitamment l'Office divin. "
" Hélas ! disait elle, un jour, à Jésus Christ, il me semble que, par votre grâce, mon âme est purifiée de ses souillures ; mais je ne tarderai pas, j'ai lieu de le craindre, à la profaner encore par de nouveaux manquements. O le plus doux des maîtres, enseignez moi comment je pourrais vite laver les taches de mes fautes quotidiennes ? - Je ne veux pas, répondit Notre-Seigneur, que tu laisses jamais ces taches persévérer dans ton âme, et je t'enseignerai comment tu les feras disparaître : hâte toi, dès que tu les apercevras, de m'adresser avec humilité et dévotion le verset Miserere mei, Deus, secundum magnam misericordiam tuam ; ou bien l'invocation suivante : - O mon unique salut, Jésus Christ, faites que tous mes péchés soient effacés par la vertu de votre sainte mort. "
Gertrude se préparait à une fin prochaine par un examen attentif de sa conscience. Ses fautes lui apparurent tellement repoussantes, que, honteuse de sa difformité, elle courut se prosterner aux pieds de Jésus, implorant miséricorde et pardon. Et Jésus, élevant la main, la bénit en disant : " La bonté toute gratuite de mon Cœur t'accorde, volontiers, l'indulgence et la rémission de tous tes péchés. Et maintenant accepte la pénitence que je t'impose : tous les jours de l'année qui commence, tu feras une bonne œuvre quelconque, en souvenir de l'amour avec lequel je te remets, aujourd'hui, tes péchés. "
Gertrude accepta, de bon cœur et avec reconnaissance ; puis, tout à coup, se souvenant de sa fragilité : " Hélas ! dit elle, ne m'arrivera t il pas d'omettre cette bonne œuvre quotidienne, et alors que devrai je faire ? - Comment pourrais tu l'omettre ? répondit Jésus : j'exige si peu de chose : te sera t il difficile d'offrir, à cette intention, un de tes pas, un geste, une parole affectueuse au prochain, un mot charitable adressé à un pécheur ou à un juste ? Ne pourras tu pas, une fois le jour, lever de terre une paille, dire un requiem pour les défunts ? Or ma bonté se contentera d'un seul de ces actes. "
Consolée par ces douces paroles, Gertrude demanda à Jésus si d'autres ne pourraient pas avoir part à sa consolation, en adoptant la même pratique : " Oui, répondit Jésus, j'accorde la même rémission de toutes ces négligences, à quiconque voudra accomplir la pénitence que je t'ai imposée. " Et il ajouta : " Ah ! quel doux accueil je ferais, l'année écoulée, à celui qui aurait ainsi couvert par ces actes de charité la multitude de ses fautes. - Seigneur, demanda Gertrude, que vous proposez vous de lui donner ? - Je ne saurais mieux te répondre, dit Jésus, que par ces paroles : - Je lui donnerai ce que l'œil de l'homme n'a point vu, ce que son oreille n'entendit jamais, ce que son cœur même ne pourrait atteindre par ses désirs.
III
Séparée de tout péché, libre de toute affection désordonnée pour les créatures, Gertrude s'exerçait, sans repos, à la pratique du bien : l'exemption du mal n'était, à ses yeux, qu'une pureté fort imparfaite.
Notre-Seigneur lui même le fit ainsi entendre à sainte Mechtilde : Il lui apparut, assis sur un trône élevé. Au pied de ce trône, Gertrude allait et venait, en divers sens ; mais son regard ne se détournait pas du visage de Jésus : " Voilà, disait Notre-Seigneur, quelle est la vie de Gertrude. Elle marche devant moi, sans me perdre de vue un instant ; elle n'a qu'un désir : connaître le bon plaisir de mon Cœur, et dès qu'elle l'a appris, elle l'exécute avec un incroyable empressement. A peine a-t-elle accompli une de mes volontés, qu'elle m'interroge pour en savoir une autre et l'exécuter avec le même empressement : toute sa vie est pour ma gloire. - Mais, s'il en est ainsi, demanda Mechtilde, et que Gertrude ne détourne pas de vous son regard, d'où vient qu'elle observe si bien les manquements, les défauts des Sœurs, et attache tant d'importance à leurs fautes les moins graves ? - C'est, dit Jésus, qu'ayant horreur de voir dans son âme les moindres taches, elle ne les peut souffrir chez ceux qui lui sont chers. "
Notre-Seigneur avait d'ailleurs révélé à son épouse le prix inestimable qu'ont les moindres actions, quand elles sont faites pour Dieu.
Gertrude assistait à la sainte messe. Quand vint le moment de la consécration : " O Dieu, s'écria-t-elle au fond de l'âme, qu'il est grand, qu'il est inestimable, cet ouvrage de votre puissance et de votre amour ! Non, ma petitesse n'ose même pas y arrêter ses regards. Je descends, je me plonge donc dans l'abîme de ma bassesse, et j'y attendrai la part qui me sera faite dans ce trésor, bien commun de tous les élus. - Il est vrai, répondit Jésus, que le grand acte de mon Sacrifice excède toute hauteur, et que le concours de l'homme n'y saurait atteindre ; et cependant, si tu voulais m'offrir généreusement les bons offices de ta volonté et te préparer à tout faire et à tout souffrir, afin que l'oblation de mon Corps et de mon Sang eût son plein effet, pour le salut des vivants et la délivrance des morts, ce grand ouvrage serait véritablement le tien, dans la mesure du concours que pourrait me prêter ton infirmité. N'as tu pas observé, quelquefois, comment une Mère, occupée à agencer un bel alliage de perles et de fils de soie, se fait aider dans ce travail délicat par son plus jeune enfant ? Elle l'installe, pour cela, sur un siège élevé, et puis, lui donne à tenir, tantôt un fil de soie, tantôt une perle. Ainsi, je pourrai te donner part au grand et admirable ouvrage de mon sacrifice, si tu veux accomplir parfaitement, à cette intention, tes œuvres les plus communes. "
Gertrude observa qu'une religieuse du monastère ne manquait pas, quand elle était de semaine pour cet office, de chanter le Capitule, de mémoire ; observant, en cela, la règle qui prescrit de l'apprendre par cœur. Or, un jour, après le chant du Capitule, Jésus dit à la Sainte : " Tandis que la Sœur chantait, chacune des paroles qu'elle avait apprises par obéissance avait, auprès de moi, l'efficacité d'un puissant intercesseur, qui m'eût prié pour elle. "
" A l'heure de la mort, disait, à ce propos, Gertrude, en empruntant une parole de saint Bernard, l'agonisant entendra la voix de toutes ses œuvres : Tu nous a faites, lui crieront-elles ; nous sommes tiennes, nous ne te quitterons pas. Avec toi, nous venons au tribunal de Dieu. Mais alors, tous les actes d'obéissance prendront, eux aussi, une voix pour rassurer le mourant : ils auront l'autorité de puissants personnages, et chacun d'eux suffira pour étouffer l'accusation d'une négligence ou d'une faute, et l'agonisant en sera grandement consolé dans ses angoisses. "
Gertrude filait : tandis que son cœur offrait dévotement à Dieu ce travail, quelques légers flocons de laine échappaient à ses doigts ; or, elle vit, à cet instant, un démon qui ramassait jusqu'aux moindres débris de cette laine, pour la convaincre de négligence au tribunal de Dieu. La Sainte, attristée, invoqua Notre-Seigneur, et Jésus apparaissant aussitôt, chassa devant lui le démon : " Retire toi, lui disait il ; de quel droit t'ingères tu dans une œuvre dont les prémices m'ont été offertes ? "
Plusieurs pensaient que l'application continue de Gertrude à l'oraison était le principe de son état de langueur, ou du moins empêchait sa guérison complète. On lui conseilla donc d'interrompre cet entretien prolongé avec Dieu. Elle s'y prêta de bonne grâce, habituée qu'elle était à faire grand cas de l'avis des autres, en toutes choses. Au lieu donc de vaquer à la contemplation, elle se distrayait à décorer de diverses manières des images de Jésus crucifié.
Une nuit, ne pouvant dormir, elle construisait en son esprit le plan d'un sépulcre où elle pourrait, durant la Semaine Sainte, qui approchait, exposer aux regards Jésus enseveli. En ce moment, Notre-Seigneur, dont l'œil considère plus l'intention que les œuvres, dit affectueusement à Gertrude : " Délecte toi en Dieu, ma bien aimée, et il exaucera les prières de ton cœur. " Et la Sainte comprit que Dieu trouve ses délices dans l'âme qu'il voit ainsi occupée pour son amour. Tel était le sens de la parole de Jésus : il exaucera les prières de ton cœur ; les désirs intimes du cœur de l'homme sont, en effet, pleinement satisfaits, dès que Dieu se complaît en lui.
" Mais, dit Gertrude à Notre-Seigneur, si tel est le prix que votre Bonté daigne attacher à ces petites occupations extérieures de vos serviteurs, de quel prix n'a donc pas été, à vos yeux, le petit poème que j'ai composé dernièrement, où toutes les scènes de votre Passion se trouvent décrites et votre amour exalté, par des paroles toutes empruntées aux écrits de vos Saints ? "
" Ce poème, répondit Jésus, est pour moi un jardin délicieux où me conduirait un ami, pour m'y faire jouir à la fois de la fraîcheur d'une douce brise, de l'éclat et des parfums de mille fleurs diverses, du goût varié des fruits les plus rares et des harmonies d'une musique enchanteresse. Telles sont les joies que tu me donnes, et je te les rendrai un jour. "
Les Religieuses venaient d'arriver au chœur pour les Matines, quand une Sœur parcourut les rangs pour recommander, au nom de la Supérieure, l'observation d'un détail, dont l'oubli avait troublé l'ordre de la psalmodie " Comment appréciez vous, Seigneur, demanda Gertrude au Sauveur, la bonne volonté de la Sœur qui donne l'avis et des Sœurs qui le reçoivent ? - Quand une âme, répondit Jésus, s'applique à prévenir, pour ma gloire, sa négligence personnelle ou la négligence des autres, dans le service divin, je la récompense, en suppléant moi même à ce qui peut lui manquer de ferveur ou de droite intention. "
IV
Plaire à Jésus était l'intention unique de Gertrude : Jésus était l'objet, le terme de ses tendances ; elle vivait pour Jésus, et sa fidélité ramenait à Jésus tous les mouvements de sa vie, avec une simplicité qu'on ne peut se lasser d'admirer. Si elle préférait les livres de sa cellule, la table sur laquelle elle écrivait, c'est qu'ils lui servaient, plus que d'autres, à connaître ou à faire aimer Jésus-Christ. Elle s'attachait de même plus vivement à un livre, dès qu'une Sœur lui avait dit : " Ce livre fait du bien à mon âme. "
Bien plus, s'oubliant, pour ne plus voir que Jésus, elle considérait comme fait pour Jésus ce que l'on faisait pour elle, et se réjouissait même d'une dépense, dont ses infirmités chargeaient le monastère. C'est à Jésus qu'elle entendait accorder la nourriture, le repos, le sommeil qu'elle devait s'accorder à elle-même. Cette parole de Jésus était pour elle une grande lumière : " Tout ce que vous faites au moindre des miens, c'est à moi que vous le faites. " - Un trait montrera combien cette droiture, cette simplicité du cœur de Gertrude était agréable à Jésus-Christ :
De saintes méditations avaient chassé loin d'elle le sommeil. Accablée de lassitude et se sentant défaillir, Gertrude mangea, au milieu de la nuit, une grappe de raisin, avec l'intention de réconforter Jésus-Christ : " Maintenant, lui dit Notre-Seigneur, je puise à ton cœur un délicieux breuvage : il compense, par sa douceur, l'amertume du fiel et du vinaigre que, pour l'amour de toi, je laissai approcher de mes lèvres, sur le Calvaire. "
Or Gertrude avait jeté sur le plancher de la cellule les pellicules et les pépins du raisin. Elle vit le démon chercher à relever une des pellicules, comme pour l'accuser et la convaincre, au tribunal de Dieu, d'avoir mangé, contre la règle, avant les Matines. Mais à peine y eut-il touché, que ses doigts furent brûlés, et il prit la fuite, en poussant des hurlements affreux. Gertrude observa que, dans sa course précipitée, Satan préservait soigneusement ses pieds du contact des pellicules et des pépins brûlants.
Jésus encourageait la fidélité de Gertrude par d'autres leçons de sa charité. Il lui disait la jalousie de son amour pour elle :
Troublée, un jour, en voyant une âme répondre par le mépris et l'ingratitude à ses efforts pour la sauver, Gertrude recourut à Jésus : " C'est moi, lui dit l'aimable Seigneur, qui ai permis ce qui t'afflige. Je ne veux pas que tu trouves consolation, joie pleine dans tes amis, et je permets qu'ils te rebutent, afin de te contraindre à venir à moi et à demeurer près de moi. Quand une Mère a un enfant, encore tout petit, et tellement aimé, qu'elle désire l'avoir toujours près d'elle ; si l'enfant essaie de s'éloigner, pour se mêler aux jeux d'autres enfants, la Mère l'en détourne en lui parlant de revenants ou de monstres, qu'il rencontrerait de ce côté, ou bien elle y place d'avance un objet dont l'aspect effraie l'enfant. Ainsi je veux agir, afin de te garder près de moi. "
Ces confidences de l'amour de Jésus ne permettaient pas à Gertrude de reposer son cœur dans de vains entretiens. Ils lui pesaient, au contraire, et dès que la charité ne la retenait plus, elle courait retrouver plus intimement Jésus dans la solitude ou dans l'oraison. Agenouillée devant un crucifix, elle disait : " Me voici, mon Maître : l'entretien des créatures ennuie mon âme, elle ne se plaît qu'en votre compagnie. Je dis donc adieu à toute créature, et je viens à vous, ô le souverain bien, ô l'unique joie de mon cœur et de mon âme. "
Baisant alors, sur le crucifix, les cinq plaies de Jésus, Gertrude disait, à chaque plaie : " Je vous salue, Jésus, époux orné de vos plaies comme d'autant de fleurs ; je vous salue et vous embrasse, avec un amour qui réunirait tous les amours ; avec la complaisance de votre divinité elle-même, et dans cet esprit, je baise votre plaie d'amour. "
Gertrude pratiquait, depuis longtemps, ce pieux exercice, quand Notre Seigneur lui dit : " Chaque fois que tu agis ainsi, je médite en mon cœur comment, dans le ciel, je pourrai te rendre au centuple les joies que tu me donnes sur la terre. "
La droiture d'intention, la simplicité ne sont que des aspects ou des actes de la pureté de cœur, et celle ci, quand elle est parfaite, produit la liberté. - Un ami de notre Sainte demandait à Jésus Christ, dans l'oraison : " Quelle disposition vous plaît davantage dans l'âme de Gertrude ? - C'est, répondit Jésus, la liberté de cœur. Elle ne permet pas à son cœur de s'attacher à rien qui puisse le détourner de moi : de là viennent les progrès qu'elle fait dans la voie de la sainteté : c'est la liberté de cœur qui rend, tous les jours, plus parfaite sa charité. "
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