
Sommaire - « précédent - suite »
Le cœur de Sainte Gertrude
un cœur selon le Cœur de Jésus
L'Ordre illustre de Saint Benoît s'honore d'avoir donné à l'Église trois saintes vierges du nom de Gertrude.
La première eut pour père le duc de Brabant, Pépin de Landen, et pour Mère, une vertueuse dame du nom de Iduberge. Devenue veuve, Iduberge fonda le monastère de Nivelle et y consacra sa fille Gertrude, qui mourut en 664, à peine âgée de trente trois ans.
Une autre Gertrude, fille de Pépin le Bref et de Berbertha ou Bertrade, mourut en odeur de sainteté et fut vénérée, après sa mort, au monastère de Neustadt, que Charlemagne, son frère, avait fondé. Cette bienheureuse mort arriva l'an 794.
Mais la plus célèbre des trois vierges bénédictines du nom de Gertrude est celle dont l'Église romaine honore la mémoire le 15 novembre : c'est d'elle qu'il est question dans ce livre.
Plusieurs siècles la séparent des deux autres. Ceux qui l'ont nié n'avaient pas lu attentivement ses écrits. Ils attestent, en effet, que Gertrude célébrait dévotement les fêtes de saint Bernard, de saint Dominique, de saint François, et qu'elle fut contemporaine, amie, peut être même sœur de sainte Mechtilde.
Gertrude naquit à Eisleben, dans le comté de Mansfeld (Haute Saxe), le jour même de l'Epiphanie de l'an 1222. Ses parents étaient nobles et riches.
" Chez cette enfant bénie, dit un vieil historien, les fruits semblèrent prévenir les fleurs ; ses premiers pas foulèrent la vanité du monde, et le premier salut qu'elle lui adressa fut un éternel adieu. " - A peine, en effet, âgée de cinq ans, Gertrude obtint de ses parents la grâce de se retirer au monastère de Rodersdorf, dans le diocèse d'Halberstadt.
L'innocence n'était pas la seule vertu de Gertrude enfant. On admirait en elle une maturité de sens, une retenue, une piété que son âge. n'eût pas laissé espérer, et l'amabilité de son caractère lui gagnait tous les cœurs.
À ces qualités s'ajoutait une rare pénétration d'esprit, et telle fut son ardeur pour l'étude, qu'elle dépassa de beaucoup ses compagnes. Bientôt la langue latine lui devint familière, et elle se passionna pour la culture des Lettres. Du reste, la pureté de son cœur lui permettait de contempler dans leur meilleur jour et le vrai et le faux : la sérénité de l'âme favorisait merveilleusement en elle la clairvoyance de l'esprit.
Ainsi Gertrude grandissait, préservée de toutes les atteintes du mal, grâce à la vigilance continue de Celui dont l'amour l'accompagnait partout. - C'est donc Lui que nous devons remercier, au nom de Gertrude, observe ici le confident de la Sainte. Béni soit il dans les siècles ![18]
Sommaire - « précédent - suite »