Foi et Contemplation

François d'Assise

Prier avec Saint François d'Assise

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Salutation des vertus

Thomas de Celano atteste l'authenticité de cet écrit, dont il transcrit même intégralement la phrase initiale (2 C 189). Il est à déplorer que la mélodie en soit perdue (2 C 198).

Peut être avons nous ici une sorte de " Compliment à la Sainte Vierge ", et donc un témoignage de la piété mariale de saint François, s'il faut s'en rapporter au titre que lui donnent deux manuscrits : Des vertus dont fut ornée la sainte Vierge Marie et qui devraient être l'ornement de toute âme sainte.

Hymne à mi chemin entre prière et poésie, c'est en tout cas une expression de la mentalité " courtoise " bien médiévale. On peut lui assigner quelques attaches avec divers Combats entre Vices et Vertus : celui du poète Prudence, par exemple, si prisé à l'époque, ou celui de saint Bernard de Clairvaux.

Salut, reine Sagesse, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte et pure Simplicité.
Dame sainte Pauvreté, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte Humilité.
Dame sainte Charité, que le Seigneur te garde, avec ta sœur, sainte Obéissance. Vous toutes, saintes Vertus, que le Seigneur vous garde, lui de qui vous procédez et venez.

Nul homme en ce monde, si d'abord il ne meurt, ne peut posséder une seule d'entre vous.
Qui possède l'une et ne blesse pas les autres, il les possède toutes.
Qui blesse l'une les blesse toutes et n'en possède aucune.

Chacune d'elles met en déroute les vices et péchés :
Sainte Sagesse confond Satan et toutes ses malices.
Pure et sainte Simplicité confond toute sagesse de ce monde et toute sagesse de la chair.
Sainte Pauvreté confond cupidité, avarice, et les soucis matériels de ce monde.
Sainte Humilité confond l'orgueil et tous les vaniteux de ce monde et toutes les prétentions de ce monde.
Sainte Charité confond toutes les tentations qu'elles viennent du diable ou de la chair et toutes les craintes égoïstes.
Sainte Obéissance confond toute volonté propre et tout charnel attachement et toute charnelle obstination.
C'est elle qui tient le corps mortifié pour qu'il obéisse à l'esprit, pour qu'il obéisse à son frère.
C'est elle qui rend l'homme docile et soumis à n'importe quel homme de ce monde,
et non seulement aux hommes, mais aux bêtes et aux fauves eux mêmes, les laissant disposer de lui comme ils veulent, autant que d'en haut leur permet le Seigneur.

 

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